CÔTE D’IVOIRE: Une impasse politique lourde de conséquences

DAKAR, 14 mars 2011 (IRIN) – Alors que les massacres se poursuivent dans l’ensemble du pays et que l’économie ivoirienne est paralysée, les habitants de certains quartiers d’Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, se résignent à manger « ce qu’ils trouvent » et ne travaillent plus depuis plusieurs semaines, a dit à IRIN un jeune du quartier d’Anyama, dans le nord de la ville.

L’impasse post-électorale épuise les réserves de vivres des familles, prive les enfants d’une année scolaire, et réduit un système de santé déjà en difficulté à un état proche de l’effondrement, selon un rapport publié par l’Equipe humanitaire nationale des Nations Unies en Côte d’Ivoire.

« Même ceux qui ont pu économiser un peu d’argent, ils ne peuvent pas le toucher, [à cause de] la fermeture des banques… », a déclaré un habitant de Yopougon. « On est complètement bloqué ».

L’organisation non gouvernementale (ONG) Cavoequiva (« unissons-nous » en gouro) aide les enfants des rues, notamment en leur fournissant des médicaments.

« Mais les médicaments et l’argent sont fini », a dit à IRIN Irié Bi Tra Clément, fondateur de l’ONG. « J’ai déjà vu des cas de décès dus au manque de médicaments. Si ça continue pour deux ou trois semaines encore, je vous dis [que] plein d’autres vont mourir ».

« Ce n’est pas une vie qu’on mène ici – ce qu’on fait en Côte d’Ivoire aujourd’hui, ce n’est pas vivre. Et ce n’est pas question d’un camp ou d’un autre – tout le monde souffre ».

Voici quelques-unes des conclusions du rapport publié par l’Equipe humanitaire nationale des Nations Unies :

– De nombreux centres médicaux ont fermé dans le nord et dans l’ouest ;

– Le système public d’approvisionnement en médicaments risque de s’effondrer ;

– Environ 800 000 enfants ne vont plus à l’école depuis plusieurs mois, et l’on ignore quand ils pourront y retourner ;

– Dans l’ouest, où des milliers de personnes sont déplacées, les réserves de vivres d’un grand nombre de familles, issues de la récolte de novembre-janvier, leur dureront environ deux ou trois mois, selon les estimations actuelles, contre cinq à sept en temps normal ;

– Les ordures s’amoncèlent dans l’ensemble du pays, exposant les populations au risque de contracter, entre autres, le choléra, la typhoïde ou la fièvre jaune ;

– Les programmes de prévention et de traitement du VIH/SIDA ont été gravement perturbés, ce qui risque de compromettre les progrès réalisés par le pays au cours des cinq dernières années.

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