CAMEROUNAIS & MENTEUR… – Aujourd’hui apprenti boulanger, il a fui Boko Haram…

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Vanessa et Judicaël sont boulangers. Depuis plus d’un an maintenant, ils forment Yannick au métier. Ce jeune Camerounais a dû fuir son pays en guerre.

Les gens d’ici

Aidé par quelques compatriotes bienveillants, l’adolescent Yannick Kuetche a fui son pays, où sa famille a été décimée.

Il vivait avec sa mère à Bandjoun, une ville située à l’Ouest du Cameroun. Une cité où Boko Haram a intensément semé la peur et la mort et entretient toujours la terreur.

À 16 ans, seul, il a fui. De pays en pays il s’est retrouvé en France, n’y connaissant personne. Envoyé en Mayenne, accueilli à Laval, il s’est retrouvé au lycée du Douanier-Rousseau.

Intégré dans une section pratiquant l’alternance, il a fait connaissance et apprécier le métier de boulanger lors de stages.

Avec une dizaine de jeunes étrangers répertoriés par le Conseil général, il s’est retrouvé logé au foyer de jeunes travailleurs à Senonnes, tout en cherchant un maître d’apprentissage pour entrer au CFA (centre de formation des apprentis) à Laval.

De leur côté les boulangers pâtissiers, Judicaël et Vanessa Houdu, installés à Pouancé depuis février 2015, s’organisaient énergiquement pour trouver un apprenti motivé.

Des difficultés administratives

C’est en janvier 2016 que Yannick effectue un stage dans leur commerce. Il en effectuera un second et montrera un intérêt certain pour poursuivre son apprentissage dans cette boulangerie, rue Saint-Aubin.

Depuis un an maintenant, maîtres de stage et apprenant s’organisent pour rendre possible le partenariat. Mais la constitution du dossier est un travail colossal. Yannick souhaite demander l’asile en France mais les dossiers sont complexes et transitent par de nombreux bureaux. Le couple Houdu se débat et enchaîne la rédaction de documents pour formaliser l’apprentissage.

« Pour lui, nous avons tenu. C’est usant, témoignent-ils. Nous avons passé énormément de temps au téléphone et dans les bureaux. Nous étions pourtant relayés par le tuteur et l’éducatrice. La coopération a été facile avec Hélène responsable du foyer de jeunes de Senonnes. »

« Mais ce qui nous a fait tenir, c’est d’imaginer et de comprendre par où ce jeune était passé. Sa volonté de s’en sortir. L’obstination qui le caractérise, explique Vanessa. On n’a rien lâché. »

Aujourd’hui, Yannick a un récépissé qui lui permet de séjourner en France pour un an. Ses deux premières rémunérations mensuelles serviront à payer les timbres fiscaux nécessaires à l’obtention du fameux sésame.

Jeudi dernier, il a emménagé dans un appartement à Saint-Aubin de Pouancé. Il travaille de 6 h à 13 h, concentré sur le projet et veut valider cette formation de boulanger. « On y est », se rassure le couple, plus que jamais décider à épauler leur apprenti. Source – Cliquez ici

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