Savoir décrypter les classements MBA pour bien choisir

Diplômes reconnus à travers le monde et opportunités de changement de carrière parfois radical, les MBA sont évalués selon différents critères et répertoriés dans plusieurs classements. Comment les déchiffrer et qu’en pensent réellement les recruteurs et d’anciens participants ? POUR EN SAVOIR PLUS

Historiquement, le MBA est un produit américain. C’est d’ailleurs la célèbre Harvard Business School qui en est à l’origine en 1908. Aujourd’hui encore, la majorité des programmes trustant les classements (MBA et Executive MBA confondus) restent avant tout issus du pays de l’Oncle Sam. « Les MBA sont ancrés dans la culture américaine, note Jean-François Fiorina, directeur général adjoint de Grenoble école de management (GEM). Là-bas, ce sont des produits phares à l’inverse de la France où ils se sont développés autour des programmes des grandes écoles. » Pas de surprise donc à cette hiérarchie lente à bouleverser même si plusieurs écoles françaises et européennes figurent en bonne position.

The Financial Times : la référence en la matière

Le classement faisant référence en la matière est britannique. Il est réalisé chaque année par le quotidien The Financial Times. « Ce dernier prend avant tout en compte la progression des salaires notamment à trois ans, explique Virginie de Barnier, directrice de l’IAE et du MBA d’Aix-Marseille. Mais aussi, la qualité de l’enseignement, des professeurs, le caractère international du MBA… Ce qui en fait le classement le plus équilibré. » L’Institut européen d’administration des affaires (Insead) y arrive en tête en 2017 pour la deuxième année consécutive devant celui de Stanford, the University of Pennsylvania et Harvard. Concernant le EMBA, l’Insead arrive en 4e position juste derrière HEC, alors que l’ESCP se hisse à la 12e place et Kedge à la 22e place.

La carte de la sélectivité pour The Economist

Autre incontournable : The Economist. Le classement d’un autre quotidien, américain cette fois, « fait la part belle à la sélectivité à l’entrée, indique Virginie de Barnier, mais reste équilibré en évaluant l’opinion des étudiants, le réseautage, la parité homme-femme, le caractère international, la qualité du corps professoral ou le progrès au niveau de la carrière. » À noter qu’en 2016, les sept premières places sont réservées à des MBA américains. Si le premier MBA hors États-Unis est espagnol (University of Navarra – IESE Business School), HEC arrive juste derrière. On retrouve également l’Insead qui passe de la 8e à la 13e position, l’Edhec progresse de la 34e à la 24e place alors que l’EM Lyon reste stable à la 75e place et qu’Audencia fait son entrée dans le top 100 (94e).

Deux classements différents pour Bloomberg Businessweek

Enfin, le classement Bloomberg Businessweek consacre quant à lui l’avis des employeurs, celui des anciens, l’accès à l’emploi et les salaires. « Un classement trop restrictif qui n’analyse pas le caractère international, la parité ou le corps professoral », selon Virginie De Barnier. Bloomberg Businessweek propose deux classements, l’un pour les MBA outre-Atlantique et un autre pour l’Europe.

Derrière ces classements, différentes réalités

Finances, développement personnel, création d’entreprise… La question de la légitimité des classements à comparer des MBA qui n’ont pas les mêmes vocations reste entière. Notamment lorsque l’on sait qu’outre la finalité du MBA, il est nécessaire de posséder trois promotions d’au moins 30 participants pour y figurer, excluant de fait certains MBA à taille humaine. Autre problématique, l’importance des rémunérations d’après Virginie De Barnier : « Le salaire est discriminant car gagner 5 000 euros à Londres n’équivaut pas à la même chose que dans d’autres villes, notamment en province. » Enfin, tous sont des classements annuels. « Or, les éléments de faiblesse nécessitent des chantiers à long terme. Nous sommes soumis à des exigences alors que l’amélioration du corps professoral, de nouvelles méthodes pédagogiques nécessitent des temps plus longs », relève Jean-François Fiorina. Enfin, les MBA les plus renommés ne sont pas forcément les plus rentables étant donné leurs frais de scolarité élevés.

Des indicateurs de performance

À ne pas forcément prendre au pied de la lettre, ces classements constituent tout de même des indicateurs de performance qu’il convient de mettre en perspective avec ses objectifs professionnels. Comme l’explique Jean-François Fiorina : « L’offre de formation en management est mondiale. Il existe des centaines de MBA, il faut pouvoir faire son choix et les classements constituent des éléments de visibilité. Mais d’autres critères restent très importants comme les accréditations ou le corps professoral par exemple. »

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