EDUCATION – Face au manque de vocations, les Jésuites francophones se réorganisent

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Le 15 août, fête de l’Assomption, est une des grandes fêtes religieuses de l’année, mais c’est aussi une date très importante pour le prestigieux ordre des Jésuites. C’est en effet le 15 août 1534 qu’une poignée d’étudiants à Paris fondèrent à Montmartre la future Compagnie de Jésus, autour de l’Espagnol Ignace de Loyola.

Cinq siècles plus tard, les Jésuites, premier ordre religieux catholique dans le monde par le nombre et par l’influence – encore renforcée par l’élection du pape François en 2013 – , connaissent toutefois certaines difficultés de recrutement dans les pays occidentaux, en France en particulier, alors que les vocations explosent pour eux en Inde. Ce qui a conduit l’ordre à une refonte de son organisation en Europe. Elle a été lancée à Bruxelles le 30 juillet 2017. Plusieurs “provinces” – c’est le terme pour désigner les pays, chez les Jésuites – , dont la France, ont été fondues pour être integrées dans une nouvelle “province d’Europe occidentale francophone”. Elle réunira désormais la France, la Belgique, le Luxembourg, la Grèce et l’île Maurice. Soit 532 jésuites répartis en 42 communautés.

Elle est placée sous la responsabilité d’un Français de 54 ans, Francois Boëdec, bien connu dans le monde catholique français. Ce docteur en sciences politiques de la Sorbonne était jusque-là le président du Centre Sèvres, la faculté jésuite de Paris. La nouvelle province jésuite se fixe quatre objectifs: la formation des jeunes, l’apostolat spirituel, l’intelligence de la foi et l’engagement pour un monde plus juste:

Engagement Social

Francois Boëdec explique les enjeux de cette réorganisation qui voit tout de même la disparition de la prestigieuse province de France, enore trÈs dynamique par la puissance intellectuelle de ses membres – de fortes personnalités très impliquées dans la vie scociale et culturelle -, mais frappée par le vieillissement de ses cadres.

Comment expliquer toutefois le paradoxe entre le prestige intellectuel de cet ordre religieux et le fait qu’il attire peu de jeunes Français? Au cours des années 1970, les Jésuites, en France notamment, ont désinvesti le secteur scolaire pour investir le secteur social et la priorité des plus pauvres. Dans les pays où les Jésuites sont restés dans leurs écoles, ils ont davantage de vocations. Autre paradoxe: pourquoi l’expertise spirituelle des Jésuites, reconnue par les “exercices spirituels”, ces retraites investées par Ignace de Layola, n’attirent pas davantage des Jésuites pourtant épris de vie religieuse forte? Les Jésuites mettraient-ils trop l’accent sur l’engagement social, et pas assez sur la vie religieuse? Un nouveau équilibre semble apparaître avec la province européenne, qui place les jeunes et la spiritualité comme ses deux priorités.

Source: Le Figaro 14/08/2017

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