Au Maroc, les langues de la discorde

Children sit in a classroom at a school in the Moroccan village of Taghzirt, in el-Haouz province in the High Atlas Mountains south of the capital of Marrakech, on March 4, 2016.
When using well-known search engines, one can find very few information about Taghzirt village. And while tourists from all around the world enjoy the sun warm days and the snow-covered view of the nearby mountains from Marrakesh, hundreds of villagers suffer from the harshness of winter and isolation, due to the state of the roads leading to it. Many villagers find it hard to access food, medical health and education. / AFP PHOTO / FADEL SENNA

Ecartelé entre le français, la darija, l’arabe classique et l’amazigh, le pays ne parvient pas à se mettre d’accord sur une politique linguistique stable.

Le débat n’en finit pas de rebondir. Faut-il supprimer le français ? Institutionnaliser la darija (arabe dialectal) ? Défendre l’arabe classique ? Depuis des décennies, le Maroc ne parvient pas à se mettre d’accord sur une politique linguistique stable. Une question d’autant plus fâcheuse que certains n’hésitent pas à parler d’« apartheid social » lié à l’usage des langues dans le royaume, où la diversité linguistique portée par l’arabe, la darija, les dialectes berbères, le français ou encore l’espagnol est l’objet d’une guerre qui touche la sphère politique et se ressent jusque sur les bancs des écoles.

Et si les langues faisaient la paix ? C’est la réflexion qu’invite à mener l’éditrice indépendante Kenza Sefrioui. La Franco-Marocaine de 38 ans a réuni dans un ouvrage une panoplie de textes écrits par un collectif de seize intellectuels de langue arabe, française ou bilingues, dont la chercheuse Zakia Iraqui-Sinaceur, le poète Jalal Al-Hakmaoui et l’écrivain Abdellah Taïa. Dans Maroc : la guerre des langues ?, paru le 10 février, une idée les met tous d’accord : il faut célébrer la pluralité des langues pour qu’elle devienne un motif de fierté. SUITE

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