Burkina Faso: Cinquantenaire de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature

Cinquantenaire de l’ENAM : "Il faut songer à faire une formation adaptée à la sous-région", dixit le DG de l’ENAM, Moctar Tall

A l’occasion du cinquantenaire de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM), Sidwaya a rencontré son directeur général, Moctar Tall. Dans cette interview, M. Tall nous donne les objectifs de son école, les difficultés et aussi, des perpectives pour son rayonnement.

Sidwaya (S.) : L’ENAM connaît présentement des manifestations particulières. Qu’est-ce qui justifie cela ?

Moctar Tall (M.T.) : L’ENAM a 50 ans d’existence, 50 ans au cours desquelles elle a formé 19 713 agents burkinabè de toutes catégories A, B, et C. De même, elle a formé des Ouest-africains et même des ressortissants de l’Afrique centrale, de l’Océan indien. Nous avons pensé qu’il était bon après 28 250 jours de faire une pause pour voir le chemin parcouru, ce que les devanciers ont eu à poser comme acte, comme réalisations et essayer de voir ce qu’on peut tirer de positif pour aller de l’avant, toujours dans l’excellence. C’est la raison pour laquelle nous avons tenu à organiser ce cinquantenaire.

S. : Cette école a formé l’essentiel des cadres de l’administration du Burkina Faso. Situez ses objectifs ?

M.T. : Les objectifs de l’ENAM sont consignés dans les missions que vous pouvez trouver dans le statut de l’école. Nous assurons la formation initiale des agents publics de l’Etat, des collectivités territoriales, des établissements publics et parapublics, l’appui conseil à toutes les collectivités territoriales, la recherche appliquée en administration…

S. Sont-ils atteints ?

M.T. : Nous pensons qu’en 50 ans, beaucoup de choses positives ont été réalisées, vu les résultats, la qualité des produits qui ont été servis.

S. : Qu’est-ce qui fait de l’ENAM, une école de renommée ?

M.T. : C’est certainement la qualité des produits. Pour tout dire, nous avons au niveau des filières, certaines qui sont accrocheuses. Quand vous prenez par exemple, la filière gestion des ressources humaines, vous avez un afflux de ressortissants de l’Afrique centrale. Nous avons par exemple, beaucoup de Gabonais qui viennent pour s’y former.

A l’interne, nous avons des établissements publics et privés qui nous envoient des éléments en formation, des établissements laïcs, les religieux comme les hôpitaux, nous formons leurs personnels ici. Cet afflux peut s’expliquer par l’excellence. Quand vous voyez à tous les échelons, que ce soit administratif ou politique national ou au plan africain, il y a de la publicité qui est faite de façon involontaire à l’endroit de cet institut d’excellence.

S. : Quelles sont les difficultés auxquelles l’ENAM fait face ?

M.T. : Nous avons les mêmes difficultés que l’Etat. L’ENAM est un démembrement de l’Etat puisqu’elle est un établissement public à caractère administratif. Je peux dire que les premières sont d’ordre infrastructurel. Il est vrai que depuis 2006, un effort certain a été fait pour multiplier par 4 les capacités d’accueil, mais sachez que la demande de formation aussi est très forte, ce qui explique que nous avons encore quelques petits soucis.

Nous sommes donc obligés de faire certains cours en flux, mais ces difficultés ont été amoindries, cependant nous avons toujours quelques petits soucis qui seront résolus d’autant plus qu’il y a une réforme en vue, une certaine décentralisation de l’école avec l’appui du gouvernement. Il est prévu une création de l’Institut régional d’administration (IRA) dans les 13 régions mais dans un premier temps, nous allons commencer avec 4 régions. Tout cela pour délocaliser la formation initiale des agents des cycles B et C dans ces régions et y introduire la formation continue et l’assistance- conseil. Cela pour amener la formation vers le public intéressé.

S. : Qu’est-ce qu’il faut à l’ENAM pour qu’elle rayonne encore beaucoup plus ?

M.T. : Il faut beaucoup ! C’est vrai, nous avons abattu un travail énorme, mes devanciers et moi, mais il faut se dire qu’il faut une ouverture au privé. Il y a un appel d’ailleurs du Premier ministre Tertius Zongo à ouvrir la formation au secteur privé. Nous avons commencé, c’est encore timide mais nous espérons qu’avec ce

cinquantenaire, tous les projets que nous avons en vue, s’ils étaient réalisés, je pense que nous irons beaucoup plus dans l’excellence. Il faut de plus en plus songer à faire une formation qui soit adaptable à la sous-région car nous parlons d’intégration. Nous avons d’ailleurs placé ce cinquantenaire dans cette optique, c’est-à-dire quelles perspectives pour les Ecoles nationale d’administration (ENA) de la sous-région dans le cadre de l’intégration. Il serait donc intéressant que nous harmonisions le contenu de certains modules de formation tout en gardant quelques spécificités.

Entretien réalisé par Wendyam Valentin COMPAORE (valentin.compaore@yahoo.fr)

Source: Sidwaya
26/03/2010

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