Cameroun : Une étudiante De L’université De Douala Perd 1 Million De Francs Cfa Sur I

CAMEROUN : UNE ÉTUDIANTE DE L’UNIVERSITÉ DE DOUALA PERD 1 MILLION DE FRANCS CFA SUR INTERNET

"Ils m’ont eu car je comptais me présenter à ce séminaire pour ne plus revenir dans cette galère ", dit-elle d’une voix tremblante et affaiblie par la douleur. Mais que s’est-t-il réellement passé ? Pourquoi a-t-elle perdu cette somme d’argent ? Où a-t-elle pu trouver un million de nos francs pour tenter cette aventure infructueuse ? Camer.be retrace ici le film de l’événement qui ne cesse de faire tabac dans les conversations à Douala

Thérèse Kana a le regard perdu, les lèvres sèches et le visage pâle. Elle paraît malade, pourtant non. C’est qu’elle s’est fait escroquer un million de francs CFA (1500 €) sur internet. Lorsqu’elle en parle, les larmes remplissent ses yeux et c’est avec beaucoup de force qu’elle réussit à les retenir.

Les arnaqueurs se faisaient passer pour les organisateurs d’un séminaire au Canada à l’intention des étudiants inscrits dans les universités africaines.

Tout commence le 15 novembre 2007 lorsqu’elle reçoit une lettre par messagerie Internet l’invitant à participer à un séminaire du 10 au 24 décembre à Toronto au Canada à l’occasion selon les organisateurs, de la journée mondiale de la paix. Elle ne se sent pas très intéressée par ce séminaire car elle n’a pas suffisamment de moyens pour y participer.

Ses interlocuteurs, qui se font passer pour les responsables d’une Ong basée au Canada (Jeunesse pour la Paix), lui montrent l’importance de ce séminaire et, surtout, l’informent qu’elle pourra faire de nombreuses rencontres, qui pourraient déboucher sur un recrutement dans une société de la place qui a besoin des étudiants venus de l’Afrique parce que pétris de la problématique du développement et de la paix en Afrique.

Les responsables de la prétendue Jeunesse pour la Paix lui envoie alors un appel d’offre de recrutement d’une société canadienne fictive Basée à Edmonton, partenaire à ce séminaire sans oublier quelques liens sur Internet contenant des vidéos des dernières éditions des séminaires qu’ils organisent disent-t-ils depuis bientôt plus de 5 ans.

Tout semble clair et il faut penser aux modalités du voyage et aux conditions de séjour. Encore un peu incrédule, elle se rend à Okola chez ses parents qui s’activent sans tarder à vendre une parcelle de leur terrain pour la cause et à l’ambassade du Canada pour avoir de plus amples informations sur ce séminaire. Mais, Thérèse Kana doit retourner à Douala afin de solliciter un rendez-vous par téléphone avec l’ambassade du Canada.

Entre temps, ses rapports avec ses interlocuteurs du Canada ont évolué "positivement". Ils se parlent régulièrement au téléphone. Quoi de plus rassurant! . Les organisateurs vont même lui faire écouter des témoignages par téléphones des camerounaises qui ont bénéficié du dernier séminaire pour s’installer au Canada.

Ils vont même lui demander de leur fournir le nécessaire pour la constitution de son dossier de visa et un précompte de 600 000 frs Cfa (750 €) pour son billet d’avion. Selon ses interlocuteurs, tout ceci lui permettra d’aller simplement avec son passeport à l’ambassade du Canada afin qu’on lui appose le sésame.

Le 25 novembre, elle recevra par courrier prioritaire DHL une fausse réservation d’hôtel et un semblant de billet d’avion. Elle prend alors la décision d’envoyer la totalité de la somme demandée de 1 million de francs Cfa, par transfert rapide au Canada.

Quelques jours plus tard, une certaine Anne Coralier en accuse réception. Cette dernière lui apprend que son dossier de demande visa a été jugée recevable et qu’elle aura le feed back de l’ambassade dans quelques jours. Dans la foulée, elle vend à moindre coût son téléviseur, son lit d’étudiante et quelques effets personnels dans le but de préparer son prétendu voyage. Elle ira même s’installer à Okola chez les parents, le temps d’attendre le prétendu coup de fil des services de l’ambassade du Canada

A partir de ce moment, c’est le black-out total. Ses interlocuteurs ne font plus signe, alors que la date du séminaire approche. Elle sent le roussi et se rend une fois encore à l’ambassade du Canada. C’est ici qu’on lui dira qu’il s’agit d’un réseau d’escrocs et qu’ils avaient déjà reçu plusieurs " plaintes de la part de certaines victimes".

Après quelques vérifications, on se rend compte à l’ambassade du Canada que l’ONG Jeunesse pour la paix n’existe que sur le papier. Une plainte a été déposée à Interpol Yaoundé.

© Camer.be : Yolande Tankeu
Paru le 05-01-2008
Source: http://www.camer.be

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