Centrafrique – L’université à deux vitesses

L’UNIVERSITE A DEUX VITESSES

Le « temple du savoir » de la République Centrafricaine a décidément du plomb dans l’aile.

Les autorités rectorales ont dû reporter l’ouverture solennelle de l’année académique, initialement prévue le lundi 9 mars 2009, et pour cause, les responsables de l’Université déclarent qu’ils ont encore quelques soucis financiers qui ne leur permettent pas d’organiser l’évènement avec le faste habituel.

Apaiser la grogne des enseignants
C’est pourtant depuis quelques jours que l’ouverture de l’année est confrontée à un problème de grève du Syndicat Autonome des Enseignants de l’Enseignement Supérieur. Déclenchée depuis le 5 mars 2009, la grève devait durer huit jours et prendre fin le 13 mars 2009. Les enseignants du supérieur ont déclenché leur mouvement de grogne pour réclamer du gouvernement le paiement de 193 millions de frais de vacation et d’heures supplémentaires des années 2006 et 2007. Sous la menace du SYNAES, le gouvernement s’était vu obligé de verser à la va-vite cinquante millions de francs pour apaiser la colère des Enseignements du Supérieur. Cette action urgente avait pour effet d’apaiser la grogne des enseignants et de limiter tant soit peu la rigidité du mouvement comme l’escomptaient ceux qui l’ont déclenché pour rentrer dans leurs dus. Les 50 millions d’avance sur les frais de vacation ont été payés au moment même où les enseignants du Supérieur avaient déjà pris la décision de débrayage. Ainsi beaucoup parmi les enseignants ne savaient pas que le gouvernement venait de verser les 50 millions partiels des frais de vacation.

Un handicap pour l’université
N’étant pas informés à l’avance, certains professeurs étaient déjà en grève. Néanmoins, ceux qui étaient au parfum ont décidé de reprendre les cours. C’est ainsi que des Etablissements comme l’Ecole Normale Supérieure, (ENS), l’Institut Universitaire de Gestion des Entreprises (IUGE) et l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR) ont effectué des rentrées partielles. Par contre, les grandes facultés, à l’instar de la Faculté de Droit, de Médecine, des Sciences et Lettres sont dans l’attentive et leurs portes sont toujours hermétiquement fermées. Cette situation arrange quelque peu l’administration de l’Université qui n’a pas encore réuni toutes les conditions pour une rentrée universitaire décente qui a été reportée au mercredi avec l’espoir que le nerf de la guerre sera au rendez-vous. Ce problème de vacation et d’heures supplémentaires est devenu un phénomène récurent qui paralyse de temps en temps l’Université et cause des désagréments pour le déroulement d’une année normale à l’Université de Bangui. Ces vacations, comme l’a souligné le Recteur de l’Université, constituent un véritable handicap pour le « temple du savoir ». Si l’Etat, a précisé le Professeur Bobossi, devait aider l’Université à régler les vacations à terme échu. Or, pour le moment, ce n’est pas le cas et l’Université continue à traîner du plomb dans l’aile.

Vacations : une situation confuse
Le cri de cœur du recteur de l’Université sera-t-il entendu par les autorités ? Rien n’est moins sûr, car l’état des finances de l’Etat ne lui permet pas de prendre ce genre d’engagements et de les tenir. La situation des vacations à l’Université de Bangui semble être pour le gouvernement une nébuleuse qu’il n’arrive pas à résoudre. Si l’Université, n’ayant pas assez d’enseignants qualifiés et titulaires, est obligée de faire appel à des compétences extérieures qui dispensent des cours au titre des vacations, restant occupées ailleurs, ces compétences harmonisent leur emploi de temps à l’Université avec leurs propres obligations ailleurs. Il y a également certains professeurs de l’Université qui, en plus des heures normales, sont obligés de dispenser des cours soit dans les grandes facultés ou dans les instituts et les grandes écoles rattachées à l’Université. A la fin de l’année académique, le montant de ces vacations est parfois faramineux, si bien que le gouvernement éprouve beaucoup de difficultés à les régler. Lors de la célébration du 18 mars 2007, dans son adresse à la jeunesse centrafricaine, le Chef de l’Etat, le général François Bozizé, s’était insurgé contre la situation confuse que créent les vacations à l’Université. Au « temple du savoir » l’année académique, suite aux grèves successives des professeurs et parfois des étudiants qui réclament leurs bourses, a pris un retard considérable que les autorités n’arrivent pas à rattraper. Les nouveaux bacheliers sont obligés parfois de perdre un an à la maison avant que ne démarre une nouvelle année universitaire. Les étudiants titulaires de licence, de Maîtrise ou de Master éprouvent toutes les difficultés à prendre des inscriptions immédiates en cycle supérieur dans les Universités des autres pays. Alors que l’année scolaire a démarré depuis octobre 2008, ce n’est qu’en mars 2009 que l’Université va réellement commencer les cours pour l’année académique 2008-2009. Que faire pour rattraper ce retard ? A l’Education Nationale d’y réfléchir!

Vendredi 13 Mars 2009
Dinawade Mokambo Junior
http://www.leconfident.ne

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