Ile Maurice La troisième université publique sera “virtuelle

ILE MAURICE – La troisième université publique sera “virtuelle”
Source : http://www.lexpress.mu

L’université offrira des cours à distance à des prix abordables. Le ministère de l’Education s’active actuellement pour l’admission des 300 premiers étudiants en septembre.

Gain de temps et liberté : l’étudiant n’a pas besoin de se déplacer et il choisit son emploi du temps.
Malgré deux universités d’Etat (l’université de Maurice et l’Université de Technologie) et une flopée d’institutions privées, Maurice ne parvient toujours pas à répondre à la soif d’apprendre des jeunes. Malgré une capacité d’accueil toujours croissante, de 14 500 en 2000 à 25 500 cette année, un certain nombre de jeunes titulaires du Higher School Certificate n’ont toujours pas accès à l’enseignement supérieur pour diverses raisons, dont financières.

A la recherche d’un moyen rapide et pas trop coûteux en termes d’investissements pour répondre à la demande, l’Etat a décidé de miser sur une Open University ou université virtuelle qui offrira des cours à distance, à un prix très abordable, qui permettra aux étudiants d’acquérir des diplômes universitaires. Le ministère de l’Education met en ce moment les bouchées doubles pour admettre les 300 premiers étudiants de cette nouvelle université publique en septembre, début de la prochaine année académique.

D’ici cinq ans, l’objectif est de compter 4 000 étudiants qui suivront un enseignement supérieur via l’internet auprès de cette université. “Notre priorité est de poursuivre la démocratisation de l’éducation jusqu’au tertiaire. A ce stade, il y a une demande qui n’est pas satisfaite et nous voulons y répondre à travers l’Open University”, explique Steven Obeegadoo, ministre de l’Education.

Reste que le chantier est encore quasiment vierge. Pour avancer vite et bien, le ministère compte utiliser ce qui existe déjà. Rapidement, les yeux se sont tournés vers le Mauritius College of the Air (MCA) ou le Collège des ondes, institution vieillotte qui attendait de démarrer une nouvelle vie. Dépassé par les nouvelles technologies, le MCA a eu un rôle de plus en plus effacé au fil des ans.

“Nous allons capitaliser sur ce qui a déjà fait ses preuves, en l’occurrence le MCA, pour cette Open University qui sera toutefois totalement différente”, annonce Steven Obeegadoo. En utilisant le MCA comme base, pas besoin d’investir dans les locaux et nul besoin de recrutement massif. Grosses économies donc. Mais attention : le ministère veut que les similitudes s’arrêtent là. La vocation est totalement différente même s’il s’agit toujours d’études par correspondance.

Cette transformation ne devrait toutefois pas amener des licenciements dans son sillage. “Aucune menace d’emploi”, précise le ministre Obeegadoo. Dans son dernier budget, le ministre des Finances a prévu Rs 7 millions pour aider à mettre sur pied les structures nécessaires.

Alliance avec les plus réputées

Pour que l’université virtuelle soit considérée comme une institution crédible, les cadres du ministère sont en ce moment à la recherche d’alliances stratégiques avec les universités les plus réputées dans le domaine. Les missions à l’étranger se succèdent pour conclure des alliances.

Maurice est déjà en pourparlers avancés avec la très respectée Indira Gandhi National Open University de l’Inde. D’autres institutions supérieures telles que l’Unisa de l’Afrique du Sud ou encore l’Open University de Grande-Bretagne sont dans la ligne de mire des autorités éducatives mauriciennes.

Des programmes locaux seront aussi développés avec l’apport de spécialistes tant mauriciens qu’étrangers, que ce soit au sein du MCA ou autre. L’apport technique du Virtual Centre for Innovative Learning Technologies, qui met déjà en ligne certains modules de l’université de Maurice, sera également sollicité.

Dans un premier temps, quatre départements sont prévus. Dès le départ, l’université comptera trois facultés (sciences sociales, humaines et éducatives, gestion et études commerciales, sciences naturelles). Ceux qui sont déjà dans le monde du travail pourront se tourner vers le Centre d’éducation pour adultes qui proposera des modules pour ceux qui veulent reprendre leurs études.

On ne sait pas encore le summum du niveau des cours proposés par l’université. Les universités virtuelles étrangères offrent toute la panoplie, de la licence au doctorat. Aucune raison donc pour que l’institution mauricienne ne puisse pas proposer ces différents diplômes.

Steven Obeegadoo dénote plusieurs avantages. “Tout d’abord, nous allons nous assurer qu’elle sera moins chère que les autres universités.” Autre point positif des universités virtuelles : l’étudiant profite d’une très grande liberté. Il est en quelque sorte son propre chef en décidant lui-même du rythme de travail qu’il veut adopter. Pas besoin non plus de se déplacer vers un campus. Tout le matériel nécessaire sera disponible en ligne. En cas de problème, une rencontre avec le supervisor n’est pas exclue.

L’annonce du développement de cette nouvelle université arrive à un moment où le secteur de l’enseignement supérieur est en passe de connaître une grande réforme. Le Livre blanc sur le tertiaire, en travaux depuis plus de deux ans, ainsi que le rapport sur le développement du knowledge hub à Maurice, seront rendus publics le mois prochain selon toute probabilité. D’ailleurs, ce projet de troisième université publique cadre parfaitement avec celui du knowledge hub que Maurice compte développer.

Patrick HILBERT

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