Le Nigeria remplace sa première plainte contre Pfizer par une nouvelle, plus étayée

Le Nigeria remplace sa première plainte contre Pfizer par une nouvelle, plus étayée

Le Nigeria a déposé, vendredi 20 juillet, une nouvelle plainte devant la Haute Cour fédérale contre Pfizer, juste après avoir retiré, contre toute attente, sa première plainte contre le géant pharmaceutique américain.
Dans sa plainte déposée le 4 juin, le gouvernement accusait Pfizer d’avoir profité en 1996 d’une très grave épidémie de méningite à méningocoque et de rougeole – qui avait fait des milliers de morts – dans le nord du pays pour tester sur des enfants de la Trovafloxacine, un antibiotique contre la méningite, sans l’autorisation ou le consentement de leurs parents et sans l’accord des autorités locales. Le gouvernement affirme que onze enfants, sur un total de deux cents qui ont pris ce médicament, sont morts et que la plupart des autres souffrent de diverses affections : surdité, paralysie, troubles de la parole, lésions cérébrales, cécité.

DOSSIER "TRÈS PAUVRE"

La plainte déposée vendredi "contient plus de faits. Il y a également de nouvelles accusations de fraude. Nous avons aussi ajouté une clause en restitution pour profits illicites", a indiqué l’avocat du Nigeria, Babatunde Irukera. Les indemnisations réclamées sont un peu plus élevées : 826,4 milliards de nairas (environ 4,7 milliards d’euros). Le nouveau texte, d’une quarantaine de pages, demande aussi au tribunal de conclure que les tests étaient "illégaux et répréhensibles" et "n’étaient ni humanitaires ni philanthropiques, mais purement à but commercial".

L’avocat nigérian de Pfizer, Me Afe Babalola, a estimé que la partie adverse avait retiré sa première plainte parce que son dossier était "très pauvre". "Je regrette cependant que les règles du tribunal autorisent un tel retrait. J’aurais préféré qu’on aille jusqu’au bout, et l’affaire aurait été terminée", a-t-il déclaré à l’AFP.

Pfizer a toujours nié tout manquement à l’éthique et affirme avoir, à l’époque, agi en toute clarté. Le 12 juillet, un responsable du groupe au Nigeria avait affirmé avoir reçu l’accord des autorités avant de mener ces essais thérapeutiques.

L’Etat nigérian de Kano, région dans laquelle le médicament aurait été administré, a, de son côté, également intenté un procès au laboratoire américain, auquel il réclame 2 milliards d’euros, mais le procès a été reporté au 3 octobre.

Source:
LEMONDE.FR avec AFP et AP | 20.07.07

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