Mali – Déconcentration de l’université : LES ATOUTS DE SEGOU

Déconcentration de l’université : LES ATOUTS DE SEGOU

En plus de ses activités économiques, la ville dispose d’infrastructures propres à faciliter le démarrage de l’université.

La création de pôles universitaires régionaux est aujourd’hui nécessaire pour décongestionner l’université de Bamako. Une étude effectuée en octobre 2005 par la direction nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a mis en avant les problèmes de sureffectifs de l’université de Bamako qui compterait actuellement plus de 50 000 étudiants, alors qu’il est établi que la gestion d’une université devient pesante au-delà d’un effectif de 30 000 étudiants. D’où la nécessité de construire au moins deux pôles universitaires dans les dix prochaines années.

Parmi les quatre sites identifiés lors des études de la direction nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, les villes de Ségou et Sikasso ont émergé. Les deux capitales régionales se sont détachées grâce aux atouts sérieux dont elles disposent.

Le potentiel d’activités économiques de Ségou est cependant plus diversifié que celui de Sikasso, région essentiellement agricole. En plus des activités agricoles, on trouve à Ségou une présence plus marquée de structures commerciales, touristiques et de services. La Cité des Balanzans est également susceptible d’attirer les bacheliers des régions avoisinantes : Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal. Le bassin de bacheliers à Sikasso est également très important.

Aujourd’hui, le projet de création du pôle universitaire de Ségou est très avancé au ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche scientifique. Et si tout va bien, l’université de Ségou ouvrira ses portes en octobre 2009. En effet, la commission du ministère chargée des études de faisabilité de ce projet a presque bouclé ses travaux. Il va falloir alors trouver les financements nécessaires pour démarrer la réalisation du projet. Pour cela, le département multiplie déjà les recherches de financements. Un conseiller technique du ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche scientifique, chargé de la mise en œuvre du projet de l’université de Ségou, a indiqué que le département avait contacté récemment plusieurs partenaires dans les pays du Golfe dont l’Arabie saoudite qui serait sur le point de signer le financement non seulement de l’université de Ségou, mais aussi de la cité et de la bibliothèque universitaires. "Nous avons entièrement bouclé les études de faisabilité, mais comme on le dit : l’argent est le nerf de la guerre", résume notre interlocuteur.

REUNIR LES CONDITIONS. Selon les études de faisabilité, la construction et l’équipement de l’université de Ségou vont coûter 3,5 milliards Fcfa dans une première phase de trois ans (2009-2011) dont 1 milliard Fcfa pour l’exercice 2009. Le montant total du projet ségovien s’élève à plus de 9,5 milliards Fcfa sur une durée de dix ans. Les travaux consisteront en la réalisation d’un bloc universitaire à deux niveaux qui comprendra la direction, des salles de classe, une bibliothèque et autres commodités.

Le budget 2009 du ministère des Enseignements Secondaire Supérieur et de la Recherche scientifique ne prévoit que 300 millions de Fcfa pour le démarrage des activités de l’université de Ségou. Cette somme, très insuffisante, incite au pessimisme vis-à-vis d’une ouverture en octobre 2009. Mais le département travaille sur cet horizon, en tablant, par exemple, sur des infrastructures existantes comme le Cerfitex (Centre de recherche et de formation pour l’industrie du textile), la salle de spectacle Tientiguiba Danté et la salle du cinéma Miéru Ba. La première infrastructure est un complexe placé sous la tutelle du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce. Elle dispose d’un internat. La salle de spectacle Tientiguiba Danté a une capacité d’accueil de 1200 places et la salle du cinéma Miéru Ba offre 762 places. Ces complexes sont gérés par le ministère de la Culture. "Ces différentes infrastructures peuvent aider au démarrage de l’université de Ségou. Juste le temps de terminer la construction du bloc universitaire", explique le conseiller technique chargé du projet.

L’ouverture de l’université de Ségou est possible si certaines conditions sont réunies, notamment la mise en place d’une administration dotée d’équipements pédagogiques adéquats. Dans l’hypothèse d’un effectif de 1000 étudiants en première année, il faut un effectif de 15 enseignants et 15 agents administratifs et techniques. Le budget de fonctionnement pédagogique annuel est estimé à 80 millions Fcfa.

Qu’en pense la cité des balanzans ? Elle attend, semble-t-il, avec impatience la création de « son » université. Le projet alimente la rumeur locale depuis deux ans. « J’ai appris la création d’une université à Ségou. La rumeur circule ici depuis deux ans, mais jusqu’à présent je n’ai pas été informé officiellement », indique ainsi un responsable de la salle de cinéma Miéru Ba.

Les jeunes ségoviens s’intéressent à cette information et envisagent positivement la création dans leur ville d’une université. "Je serai très heureux de faire mes études universitaires aux cotés de mes parents. Cela m’évitera d’aller galérer à Bamako", commente ainsi un élève du lycée Abdoul Cabral Camara.

Le suspense ne sera pas long puisque l’on est déjà en 2009. Si le projet doit aboutir pour la rentrée prochaine, on devrait être rapidement fixé. Ségou serait ainsi la première capitale régionale à avoir son université.

M. KÉITA
Source: L’Essor n°16360 du – 2009-01-12
http://www.essor.gov.ml/

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