Succes eclatant de l’abolition des frais scolaires au Burundi

Bamako, Mali (PANA) – La stratégie d’abolition des frais scolaires en
2005 au Burundi a connu un succès éclatant, faisant passer les
effectifs scolaires de 978.610 élèves à 1.534.000 en deux ans, a
affirmé jeudi à Bamako, un officiel burundais, M. Enoce Ruratebuka,
dans un entretien accordé à la PANA.

“C’est une mobilisation générale de toute la société burundaise qui a
permis de réussir ce qui apparaissait au départ comme une aventure”,
a dit Ruratebuka, directeur du Département de l’enseignement
primaire du Burundi.

“L’Eglise nous a prêté des lieux de prières pour en faire des salles
de classe, les parents ont participé à la construction d’autres
salles temporaires. Tout cela était soutenu par une volonté politique
exprimé au plus niveau de l’Etat”, a-t-il assuré.

Selon le directeur du Département de l’enseignement supérieur du
Burundi, d’autres mesures ont été prises par son pays pour assurer le
succès de la stratégie de l’abolition des frais scolaires.

“Une fois que nous avons réglé le problème d’accueil des élèves avec
la construction d’un nombre suffisant de classes, il nous restait à
nous attaquer au défi d’avoir le nombre d’enseignants nécessaire.
Nous avons ainsi pu recruter très facilement 7.300 nouveaux
enseignants”, a-t-il indiqué.

Evoquant la contribution de la communauté internationale à la mise en
œuvre de l’abolition, M. Ruratebuka a dit qu’elle s’est faite presque
spontanément au regard de la visibilité acquise par la stratégie
nationale.

“Nous avons réussi à donner à notre plan national une visibilité en
définissant un cadre macro-économique et une planification qui ont
convaincu rapidement les bailleurs de fonds. Notre démarche a permis
que le secteur éducatif bénéficie au Burundi du Programme pays
pauvres très endettés (PPTE)”, a dit le haut fonctionnaire burundais.

Il a assuré que de nouveaux frais scolaires seront supprimés afin de
permettre à tous les enfants burundais de s’inscrire à l’école.

“Nous avons encore quelques petits frais comme les uniformes ou
certaines fournitures scolaires qui sont assumés par des familles.
Notre objectif est de faire en sorte qu’aucune famille burundaise
n’ait à ne pas envoyer son enfant à l’école pour des raisons
financières”, a encore dit Enoce Ruratebuka.

Un consensus semblait se dessiner jeudi parmi les participants à la
conférence de Bamako sur l’apport décisif de l’abolition des frais
scolaires dans l’accélération de la scolarisation notamment en
Afrique.

Les débats portent davantage sur le rythme et les modalités de la
mise en œuvre de l’abolition, certains participants prônant des
approches en fonction du contexte spécifique de chaque pays.

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