L’Afrique planche sur de l’emploi, la cohésion sociale et la croissance inclusive à Yaoundé

Les travaux de la huitième session de la Commission du travail et des affaires sociales de l’Union africaine –CTAS- se déroulent dans la capitale politique camerounaise depuis le lundi 11 avril 2011. Le Premier ministre, chef du gouvernement, représentant personnel du chef de l’Etat, S. E. Paul Biya, a présidé le 14 avril 2011 au Palais des Congrès de Yaoundé, la cérémonie d’ouverture de la conférence des ministres africains en charge de l’emploi et des affaires sociales organisée par l’Union africaine.

Placée sous le thème « Promouvoir l’emploi pour la cohésion sociale et la croissance inclusive », la 8eCTAS connaît la participation de plusieurs acteurs du monde social dont les responsables de l’organisation international du travail (OIT), la quasi totalité des ministres africains en charge de l’emploi et des affaires sociales et de nombreux leaders des syndicats des employeurs et des travailleurs.

Dans son discours d’ouverture, le Premier Ministre, Philemon Yang a reconnu que l’emploi est au centre de tout processus de développement, qui conduit à un idéal de bien-être et de satisfaction auquel le peuple Africain dans son entièreté aspire. Cette vision qui rencontre celle des autorités camerounaises « se rapporte à la paix sans laquelle il est difficile d’élaborer une stratégie de développement durable », a-t-il indiqué.

C’est pourquoi Philemon Yang a rappelé les exigences d’écoute et de productivité au double plan politique et économique qui débouchent au plan social à la création des emplois et partant la protection sociale d’un plus grand nombre de citoyens.

Et en matière de protection sociale, l’Afrique, comme l’a souligné le Directeur Afrique du Bureau international du travail (BIT), Charles Dan, représentant le Directeur général du BIT empêché, compte plus de 400 millions de personnes sans emplois décents qui constituent ce qu’il désigne par « l’Afrique sociale vulnérable ». Ceux-là qui ne peuvent aspirer à aucune protection sociale parce que vivant dans l’extrême pauvreté. Et pourtant, l’Afrique économique, celle qui a résisté brillamment à la récente crise mondiale, démontre son dynamisme à travers ses performances qui placent six des dix meilleures économies de la dernière décennie sur le continent noir. Il est donc urgent de réconcilier ces deux Afriques, a-t-il souhaité.

Bien avant lui, le président de l’Organisation panafricaine des travailleurs, Hassan Adebayo a insisté sur la nécessité de transmettre à la jeunesse africaine les valeurs culturelles du continent à travers l’éducation qui seule peut garantir un emploi décent, car soutient-il, « le futur de notre continent réside dans l’avenir de nos jeunes ». Il a urgé les gouvernements africains de créer les conditions favorables à une bonne gouvernance qui place l’être humain au centre des priorités, en lui garantissant la satisfaction des besoins de bases qui ne sont rien d’autres que des droits de l’homme. Il a par ailleurs revendiqué que le prochain Directeur général de l’OIT soit issu du continent africain, appel qui a reçu une salve d’applaudissements du public en guise d’adhésion.

S’exprimant peu avant le représentant du chef de l’Etat, la Commissaire du Travail et de la Sécurité sociale de l’Union Africaine, Bience Philomina Gawanas, a dénoncé l’inadéquation qui existe entre l’offre de formation et le marché de l’emploi de même que l’écart entre les riches et les pauvres. Elle a ensuite insisté sur la nécessité d’offrir plus de sécurité sociale à nos citoyens. Selon l’avocate namibienne, les citoyens africains méritent de vivre dans un monde meilleur. Elle a ainsi formulé le vœu que le sort des personnes vulnérables aille s’améliorant en raison du dialogue entre les experts et les efforts conjugués de nos gouvernements.

Après ce décor froidement planté, le Premier Ministre a appelé à une prompte réaction, de manière lucide et méthodique pour doter l’Afrique d’une économie émergente. Il a indiqué que les assises de Yaoundé vont mesurer le chemin parcouru et souligner l’actualité pressante du chômage des jeunes qui menace en permanence la paix sociale en Afrique.

Philemon Yang attend de ces réflexions qu’elles sortent avec les voix et moyens pour donner l’espoir à une jeunesse dynamique qui veut contribuer utilement au développement d’une Afrique émergente.

Rappelons que la 8e CTAS se tient au moment où le gouvernement de la République conduit l’opération de recrutement de 25.000 jeunes Camerounais décidé par le chef de l’Etat, S. E. Paul Biya, pour répondre à l’épineux problème du chômage des jeunes qui fait perdre le sommeil à tous les dirigeants du monde.

Les travaux de Yaoundé s’achèvent demain 15 avril.

Auteur : Germaine Flore NGAH

14/04/2011

Source: www.spm.gov.cm

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