CANADA – Les meilleurs profs du Québec: Un prof et son grille-pain

GATINEAU – Denis Laurin a trouvé un truc plutôt inhabituel pour motiver ses élèves. Chaque semaine, il sort son grille-pain et fait tirer des rôties parmi les jeunes qui ont complété les travaux demandés. Succès assuré.

«Et des fois, je fais des tournées générales de rôties», lance le dynamique enseignant de 6e année, qui oeuvre à l'école primaire du Plateau, à Gatineau.

Ce petit truc peut sembler anodin, mais il regorge de vertus pédagogiques, explique Denis Laurin.

Il y a d'abord l'odeur, «qui stimule les élèves». Puis, le fait que les rôties «rappellent l'importance de bien déjeuner le matin et d'avoir le ventre plein avant de venir à l'école», dit-il.

Le prof a même trouvé le moyen d'intégrer des notions de mathématiques dans ce concours hebdomadaire.

Les élèves peuvent en effet calculer la «probabilité» qu'ils ont de gagner une rôtie en fonction du nombre de billets de tirage qu'ils se sont mérités durant la semaine, raconte l'enseignant.

Pour Denis Laurin, un bon prof est avant tout une personne «authentique» et «intègre».

Celui qui a failli travailler en publicité -«un monde de requins» -avant d'être enseignant, parle avec passion de la carrière qu'il a choisi d'embrasser, il y a 20 ans.

«Je ne fais pas ce travail-là pour la paie, lance-t-il. Je le fais pour l'amour des jeunes qui, il faut le dire, sont notre relève.»

«Dans ma classe, il y a des futurs payeurs de taxes, des futurs médecins, avocats, éboueurs et mécaniciens. C'est notre relève et il faut en prendre soin», insiste-t-il.

Il veut les responsabiliser

Denis Laurin fait partie d'une espèce en voie d'extinction. C'est un prof masculin qui enseigne en 6e année.

Les plus récentes statistiques du ministère de l'Éducation ont révélé qu'ils ne représentent plus que 12,7 % du corps professoral au primaire.

«Un homme n'a pas la même approche avec ses élèves, confie ce père de famille. Les gars, je les considère comme mes fils.»

Le travail d'équipe avant tout

Les jeunes -garçons et filles -apprécient le sens des responsabilités que tente de leur inculquer Denis Laurin.

«Ce que j'essaie de leur livrer comme message, c'est qu'ils doivent se prendre en main, dit-il. La 6e année, c'est le tremplin vers le secondaire. Je tente de leur apprendre à devenir autonomes.»

Pour y arriver, Denis Laurin n'hésite pas à leur raconter des situations qu'il a lui-même vécues.

«Je leur parle d'anecdotes que mon père m'a dites, de petits proverbes qu'il me répétait, indique le prof. Je ne suis pas extroverti, mais je peux être verbomoteur.»

Denis Laurin a reçu comme «un petit velours» le fait d'avoir été désigné par d'anciens élèves comme un des «meilleurs profs du Québec.»

«Mais la majorité des enseignants du Québec sont comme moi, assure-t-il. Ils travaillent fort et sont là pour le bien des jeunes.»

À son avis, c'est le «travail d'équipe» entre les membres du personnel d'une école qui permet de faire réussir les élèves.

«C'est aussi ce que je tente d'inculquer aux jeunes, dit-il, en leur disant que leur voisin peut les aider.»

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Source: http://fr.canoe.ca
21/05/2011

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