TOGO – Mouvement de contestation à l’Université de Lomé

La Gendarmerie disperse un meeting des étudiants au bas-fond du collège Saint Joseph

La fermeture de l’Université de Lomé le 27 mai dernier par les autorités togolaises n’a décidément pas entamé la détermination des étudiants à se mobiliser pour réclamer leurs droits. A défaut de se regrouper sur le campus de l’Université de Lomé pour manifester leur mécontentement, ils étaient plusieurs centaines à se retrouver hier au bas-fond du collège Saint Joseph en plein centre de Lomé pour faire entendre leurs voix et réclamer l’amélioration de leurs conditions de vie et d’études. Une manifestation qui a été dispersée par la Gendarmerie nationale.

A l’appel de l’Union libre des élèves et étudiants du Togo et de la diaspora (ULEETOD), ils étaient plusieurs centaines d’étudiants à se retrouver sur le terrain de football du collège Saint Joseph hier pour un meeting d’information. Et comme à l’accoutumée, les éléments des forces de l’ordre et de sécurité avaient eux aussi répondu présents à l’appel, mais pas pour les mêmes raisons. Leur mission était d’empêcher par tous les moyens la manifestation d’avoir lieu.

Ils étaient nombreux, les gendarmes à prendre position sur le terrain du collège Saint Joseph ce lundi matin en attendant l’arrivée des manifestants qui ne vont pas tarder à affluer sur les lieux aux environs de 8 heures 30 minutes.

Pour éviter que la foule ne devienne très dense, donc difficile à contenir, les éléments de la Gendarmerie nationale vont refouler les premiers arrivants en leur indiquant que la manifestation n’était pas autorisée. Mais qu’à cela ne tienne, les étudiants vont vouloir coûte que coûte tenir leur meeting d’information et faire passer leur message à l’endroit des autorités. « Nous voulons nous adresser à nos autorités », affirme l’un des responsables de L’ULEETOD.Au ministère de l’Enseignement Primaire et secondaire, détaille celui-ci, les étudiants demandent que la gratuité de l’école soit effective sur le terrain, que les cotisations parallèles prennent fin, et que les frais de scolarité pour les collégiennes et lycéennes soient purement et simplement supprimés.

A l’endroit du ministre de l’Enseignement Supérieur, leurs demandes sont les suivantes : la réhabilitation du restaurant universitaire, la réduction des frais d’inscription de 50% en espérant leur annulation d’ici 2 ans, l’augmentation des tranches d’aides à neuf (9), le retour de la bourse, l’arrêt des surcharges dans les bus de l’université, l’augmentation des salaires des enseignants…

Enfin, à l’endroit du Professeur Ahadzi Nonou, président de l’Université de Lomé, les étudiants exigent de vraies reformes dans le système LMD, l’instauration du suffrage universel dans l’élection des délégués de facultés, d’écoles et du délégué général de l’Université ainsi que l’organisation de plusieurs sessions comme cela doit être le cas dans un véritable système LMD.

Devant leur refus de céder à la demande des forces de Gendarmerie conduites par le Capitaine Akakpo, de vider les lieux, l’atmosphère est devenue très tendue entre les deux groupes. Ils furent en fin de compte dispersés par les forces de l’ordre qui ont évité d’utiliser les grenades lacrymogènes comme à l’accoutumée. Sommet de l’Uemoa oblige.

On assiste alors à un tour de cache-cache entre gendarmes et étudiants dans le quartier de Tokoin Super Taco. Mais les premiers à bord de leurs véhicules tout-terrain et très mobiles, vont finir par avoir raison de la ténacité des étudiants qui décident à la fin de regagner leur domicile tout en promettant une autre action d’envergure dans les jours à venir tant que l’Université de Lomé va rester fermée et leurs revendications non satisfaites.

Olivier A.
VIA LIBERTE HEBDO TOGO

02/06/2011

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