CAMEROUN – Orientation scolaire : Un casse-tête pour les élèves

Déjà 17 ans d’existence, et cette discipline n’arrive toujours pas à résoudre les dérives dans les lycées.

Le 14 octobre dernier, la communauté éducative nationale a célébrée la 9ème édition de la journée nationale de l’orientation scolaire sous le thème «déviance en milieu scolaire : essais de solution.» Dans sa leçon inaugurale pour la circonstance, Raymond Mbede, psychologue, par ailleurs enseignant à l’université de Yaoundé I, a fait savoir que «l ’éducation a pour mission générale, la formation de l’enfant en vue de son épanouissement intellectuel, physique, civique et moral et son insertion harmonieuse dans la société en prenant en compte les facteurs économiques, socioculturels, politiques et moraux.» Paradoxalement, on observe aujourd’hui au sein des institutions académiques, des écarts de comportements tels que le harcèlement sexuel, l’indécence vestimentaire et verbale, le vandalisme, les violences physiques, le trafic de notes et la corruption.

La journée nationale d’orientation scolaire, «se veut une tribune de sensibilisation des élèves et de toute la communauté éducative sur l’ampleur de ces fléaux et leur impact sur la formation intégrale des apprenants d’aujourd’hui, citoyen de demain», poursuit Raymond Mbede. 
Tout aussi, elle se présente «comme une interpellation du conseiller d’orientation en particulier et des autres partenaires éducatifs en général d’agir afin que les jeunes scolarisés ne soient pas seulement instruits, mais aussi éduqués, et que les encadreurs des jeunes soient des modèles par leur comportement». Mais est-ce que ce pari peut-il être tenu ? Certaines personnes sceptiques pensent que l’orientation scolaire n’apporte rien de concret aux élèves. 

Cette orientation déboussole très souvent des élèves. Puisque même «les conseillers d’orientation scolaire cherchent encore à s’affirmer et des marginalisations s’observent encore ça et là dans ce corps au Cameroun», comme le confie une source. 
D’après Richard Youtha, chargé d’étude assistant N°2 à la cellule de l’orientation scolaire au ministère des Enseignements secondaires (Minesec), «l’orientation est une pratique éducative qui se focalise sur un triple objectif : à savoir la connaissance de l’individu, la connaissance de son milieu de formation et de celui du milieu où il est appelé à travailler».
Ainsi, «le conseiller d’orientation (Co), est chargé du suivi des élèves dans tous les aspects de la vie scolaire», explique Célestin Mbiadjeu, cadre à la cellule de l’orientation scolaire au Minesec. «L’orientation scolaire est importante dans la formation d’un élève», rajoute ce dernier.

Mauvais choix
Au Lycée général Leclerc à Yaoundé, «les élèves suivent des cours d’orientation chaque semaine. Pour ceux inscrits en classes d’examen, c’est deux à trois fois par semaine», apprend-on. C’est le cas «pour les élèves des classes de Première et Terminales». Cet établissement à juste «5 conseillers pour servir environ 6300 élèves», confie Théodore Mbom Assako, chef service de l’orientation scolaire au Lycée général Leclerc. 
Malgré cela «nous arrivons à nous occuper de nos élèves», ajoute-t-il. Et de poursuivre, «ils sont nombreux à venir nous rencontrer, c’est un signe que nous leur apportons un grand soutien. Preuve qu’ils comprennent l’utilité de l’orientation». Au Lycée de Ngoa-Ekellé, on fait savoir que les élèves suivent régulièrement des cours d’orientation. 

C’est le cas au lycée bilingue d’application et au lycée technique commercial à Yaoundé.
Selon certains parents, «l’orientation n’apporte rien de concret aux élèves. La preuve, ceux qui n’ont pas suivi ces cours réussissent aux examens», déclare Annette Fotso, parent d’élève. Simon Pierre Atangana partage le même avis. Et ajoute que «les conseillers d’orientation induisent parfois des élèves à faire un mauvais choix. Mon enfant a été victime d’une mauvaise orientation. Cette profession à mon avis, n’a pas une grande importance». 
Théodore Mbom Assako, confie d’ailleurs avoir souvent «des incompréhensions avec des parents d’élèves par rapport aux orientations que nous faisons à leurs enfants». Pour Grégoire Mbassi, «depuis que les cours d’orientation ont été institués dans les lycées en 1994, le taux des dérives va grandissant, comme pour démontrer que ces cours ne sont pas un remède miracle».

Nicolas Vounsia

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09/01/2012

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