CAMEROUN – L’éternel problème du trafic des notes dans les universités camerounaises

Après une longue nuit de préparation et de révision pour les examens, parait enfin l’aube de la proclamation des résultats. Oui ces notes devraient donner raison à chaque étudiant  autrement dit primer à juste titre leur travail.

C’est un encouragement voire un réconfort pour ceux qui ont bravé. Ceyrolle nous le confirme «  Je ne pouvais pas mieux attendre, que des A! Mes nuits blanches et mes recherches ont payé fort. »  D’un autre côté c’est une indifférence disons plutôt un haussement des épaules pour les étudiants qui ont des mauvaises notes. « La révision expresse de tous mes cours en une journée, le « fax » des anciennes épreuves hélas je n’ai que des F. Je dois être plus assidu et organisé si je veux aller au niveau supérieur. » Nous explique Gaston.

Cependant il figure un dernier groupe d’étudiants totalement désespérés et désemparés. Curieux nous nous sommes rapprochés de l’une d’entre eux Cathy pour en savoir un peu plus sur la question. « Je suis inscrite à l’université au même titre que tous les autres étudiants. J’assiste normalement aux cours et aux travaux dirigés. J’ai également assisté aux compositions, cependant dans plusieurs unités de valeur aucune note ne figure sur mon nom. » Et Bienvenu nous le confirme « Parfois même la note affichée au premier semestre et celle figurant sur les récapitulatifs en fin d’année sont totalement différentes.  Je quitte pratiquement des A pour des F».

Puis nous avons été mis au courant de plusieurs étudiants dans la même situation. C’est ainsi  qu’ont été dénombrées  plusieurs types d’irrégularités : contraste entre la note affichée et la note attendue, non publication de certaines notes, absence des noms sur les babillards des notes…

Premièrement nous disent-ils quand ils vont vers l’administration il leur est demandé de rédiger des requêtes. Fort est de constater que lorsqu’il s’agit du motif contraste entre la note affichée et la note attendue la réponse est à 99% rejet. Ensuite quand le motif de la requête est non publication des notes, vous avez 50% d’avoir une réponse. On procède à des fouilles de vos copies, si elles sont retrouvées on vous impute des notes.

Enfin le dernier motif absence des noms sur les babillards, le cas le plus ambigu d’après leurs témoignages. On procède à des fouilles systématiques dans les lots de copies. C’est assez surprenant de constater que votre nom figure sur la liste des candidats ayant participé à la composition cependant vos copies  ont disparu.

Beaucoup d’étudiants ont dû redoubler voire tripler et quadrupler innocemment des niveaux pour les motifs allégués ci-dessus. Certains ont tout simplement abandonné leurs études. Les requêtes n’ont jamais pas abouti. Quel dommage.

Effectivement on nous a fait part de plusieurs réseaux de trafic des notes, les manœuvres vont de l’échange des copies pendant les corrections, pendant la saisie pour archivage jusqu’à la modification des notes à la cellule informatique. Tout ceci en contrepartie des pots de vins. Ils s’agit précisément des étudiants nantis qui ne veulent pas fournir d’effort pour réviser leurs leçons. Egalement sont citées parmi des coupables les étudiantes ayant des affinités non éducatives avec certains enseignants.

C’est pour démanteler tous ces réseaux de fraude que l’administration a récemment retardé la publication des résultats. Elle a affirmé devoir auditer le processus allant des salles de composition, les salles de correction, la cellule informatique jusqu’à l’affichage au babillard.

Cette initiative de l’administration est vivement à encourager. Cependant beaucoup d’efforts restent encore à faire puisque des mêmes cas de figure refont toujours surface. Quels sont ces réseaux ? Comment procèdent-ils ? Sont-ils intouchables ?

En dernière analyse, l’université demeure le temple du savoir, de l’intellect et de la créativité. Beaucoup de grandes inventions et révolutions ont été initiées ailleurs par des étudiants, on peut citer facebook avec Mark Zuckerberg, Apple avec Steve Jobs, Microsoft avec Bill Gates… Sachons donc copier le bon exemple ici chez nous.

Il est grand temps de penser à un cadre confortable et propice à la recherche et à l’innovation dans nos universités, afin que l’excellence et le mérite jaillissent comme un torrent intarissable pour permettre un décollage effectif de notre continent.

A.W pour ExcelAfrica
22-01-2013

 

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