CAMEROUN – Introduction d’un code vestimentaire dans les universités camerounaises

Si vous vouliez voir les filles les plus « sexy » et osées dans leurs tenues vestimentaires, il fallait se rendre à l’université. Si vous vouliez voir les garçons en tenue hip-hop, cheveux « afro » et toute sorte d’accoutrement extravagant, il fallait se rendre à l’université. Si vous vouliez faire de nouvelles conquêtes dans le carrefour des jeunes gens les plus « stylés », il faillait toujours se rendre à l’université.

L’université camerounaise a longtemps été réputée comme le lieu de moindre décence dans l’habillement. Chaque étudiant s’habillait à sa guise. En ballade sur le campus universitaire, vos yeux pouvaient observer aussi bien des « DVD » entendus Dos et Ventres Dehors, « VCD » entendus Ventres et Cuisses Dehors décrivant ainsi les tenues des étudiants. Egalement, vous pouviez voir les jeunes étudiants vêtus de « mini culottes », de sandalettes de chambre et portant des chemises ouvertes pour exposer leurs poitrines.

Nous étant rapprochés de Maya une étudiante pour avoir des explications sur ce phénomène de mode, elle nous explique : «  Lorsque que j’étais élève, la tenue de classe était obligatoire. Je n’attendais que d’obtenir mon Bac afin pour m’habiller à la fac comme les filles des séries américaine. Ah je me sens maintenant à l’aise. »

Mais la rentrée académique 2012-2013 est venue mettre fin à cette anarchie vestimentaire dans les universités camerounaises. Finies les mini-jupes, finis les tee-shirts exposant le ventre et les seins, finis les babouches exposant les pieds pour ne citer que cela chez filles. Finies les culottes, finis les cheveux et la barbe ébouriffés « afro », finis les cheveux défrisés à la Cristiano Ronaldo, finis les pantalons qui exposent les sous-vêtements…Tout étudiant vêtu de la façon décrite ci-dessus est recalé au portail par les gardiens de l’université.

Cette bataille vestimentaire déclenchée par l’administration contre les étudiants n’est pas du tout facile à mener. Beaucoup d’étudiants ont très mal accueilli la nouvelle. Les plus récalcitrants osent quand même se vêtir des interdits quitte à ce qu’un gardien soit discret pour qu’ils entrent. Olivia, une étudiante, nous explique «  Je me sens vraiment blessée depuis que sont interdites les tenues « sexy » à l’université. Moi qui aimais tellement me vêtir comme Shakira, me voilà privée de mes fringues. Ma côte popularité a carrément baissé sur le campus. »

Notons cependant qu’un code vestimentaire professionnel a longtemps été exigé dans les écoles de commerce. C’est le cas de l’ESSEC de Douala et de la Faculté de médecine de l’université de Douala où tous les étudiants sont obligés de se vêtir en pantalon, chemise et cravate. Et les filles en tailleurs ou toute autre tenue jugée professionnelle.

ISEM-IBCG un établissement d’enseignement supérieur privé, pour renchérir le pas au professionnalisme a décrété le mercredi comme « Junior Manager Day. » Le but est de mettre une fois par semaine les étudiants dans les conditions vestimentaires de l’entreprise. Ce n’est pas du tout chose facile pour des personnes qui mettent des tenues relax pendant les autres jours de cours. Beaucoup d’étudiants préféreraient sécher cette journée de cours plutôt que de s’habiller ainsi. Mais très intelligente, l’administration a choisi de ne programmer les matières prioritaires que pendant les « Junior Manager Day ».

Cette initiative de l’administration de l’ISEM-IBCG est vivement à saluer. Enfin les étudiants sauront que l’université est le temple de la recherche et de l’excellence et non le temple de la débauche.

A.W pour Excelafrica
26-01-2013

One Reply to “CAMEROUN – Introduction d’un code vestimentaire dans les universités camerounaises”

  1. Pour une première, il n’y a qu’une pile d’encouragement et de soutien que l’on puisse vous envoyer pour vous faire comprendre que vous faites oeuvre utile à travers ce projet. En répondant à la question, que pouvons-nous faire pour autrement utiliser et développer les talents des jeunes, ce projet est à mûrir et pérenniser parce qu’il construit et pour des générations indéfinies. Il suffira de porter le message partout dans les Etats africains, en indiquant comment participer à l’information utilitaire pour mobiliser les valeurs et ressources diverses qui y sommeillent. Personnellement je suis disposé à vous soutenir et vous envoyer des billets utiles si vous me le permettez bien!

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