COTE D’IVOIRE – Education Nationale : le bras de fer se poursuit entre l’Inter-syndicale et le Ministère

Décembre 2012, le Ministre de l’Education Nationale de Côte d’Ivoire, Mme Kandia Camara, évite de justesse une grève illimitée des enseignants. Après des menaces de défalcation sur les salaires qui ont exacerbé la colère des enseignants, Mme Kandia Camara a été obligée d’appeler à la rescousse les guides religieux et les chefs coutumiers pour calmer les enseignants et sauver le premier trimestre de l’année scolaire. Les conseils des anciens ont eu un impact sur la détermination des enseignants réunis au sein de l’Inter-syndicale du Secteur Education Formation (ISEF) car ceux-ci ont annulé le mouvement de grève prévu pour ce mois de janvier 2013.

De tous les syndicats ivoiriens, l’ISEF fait office d’épouvantail pour le Ministère de l’Education Nationale. Tous les mots d’ordre de grève de l’ISEF sont suivis à la lettre comme en témoigne la grève du 19 au 23 novembre 2012 très largement suivie.

Autour de la table de négociation, l’ISEF ne se présente jamais en victime mais bien comme une organisation qui peut paralyser tout un système. En effet, l’ISEF peut simultanément faire stopper les cours dans l’enseignement général, technique et professionnel en 48 heures. Cette radicalisation des méthodes de revendication selon Abonga Yves le président de l’ISEF, répond à «cette volonté du gouvernement d’infantiliser les revendications des enseignants».

Tout est une question de salaire…

Le bras de fer se poursuit entre l’Inter-syndicale et le Ministère sous fond de revendication salariale. L’ISEF estime que les propositions faites par le gouvernement à l’issue de plusieurs négociations sont loin de satisfaire les acteurs de l’enseignement général, technique et professionnel. «Ce qui crée toute cette grogne c’est qu’aucune précision n’est faite sur plusieurs de nos revendications. Le rappel des 5000 FCFA restants de l’indemnité contributive de logement que l’Etat veut payer en 2013 n’est pas accompagné d’une date précise» nous explique Abonga Yves. En plus un flou demeure également sur le rappel C.A.P (Certificat d’Aptitude Professionnel) 1988-1992. Sur l’épuration de ce rappel de 4 milliards, le Gouvernement promet de payer 2 milliards FCFA en 2013 sans préciser de date. Des promesses ont été également faites sur le reliquat de 2 milliards FCFA payable en 2014. Le gouvernement s’engage également à régler ce reliquat sans fixer une date précise.

«Concernant les effets financiers de la bonification indiciaire et du reclassement, l’Etat propose de payer 50% de la somme totale due aux enseignants. Une première tranche de 25% de la bonification nous sera versée mais le ministère ne précise pas de date. Idem pour les autres 25% restants et les rappels y afférents» nous explique Abonga Yves le président de l’ISEF qui souligne «que le gouvernement ivoirien en ne proposant aucune date lors des négociations ne joue pas franc jeu». Ce flou qui infantilise les revendications du corps enseignant irrite l’Inter-syndicale.

L’année 2013 commence avec une petite pause observée par l’ISEF mais l’Inter-syndicale appelle le gouvernement à ouvrir rapidement de nouvelles négociations sur ses revendications. Les enseignants de Côte d’Ivoire attendent du gouvernement la satisfaction totale de leurs revendications dans les meilleurs délais afin de restaurer la sérénité dans le circuit de formation.

Pour Mme Kandia Camara, «les enseignants ayant fait le sacerdoce de contribuer à la formation de la jeunesse ivoirienne, ils doivent rompre avec la radicalisation des revendications et penser aux enfants dont ils ont la charge». Les enseignants doivent aussi accepter les compromis du Gouvernement car la Côte d’Ivoire sort de crise et les grèves intempestives peuvent fragiliser d’avantage son économie.

SUY Kahofi pour ExcelAfrica
27/01/2013

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