AFRIQUE – Notes sexuellement transmissibles : Et si le bourreau était la victime ?

Il a été établi par de nombreux livres que les étudiantes et les élèves filles sont victimes du harcèlement et le phénomène de notes sexuellement transmissibles. Peu importe le nom qu’il porte « droit de cuissage », « unité de valeur hors programme » ou encore « validation inter jambes », c’est un fléau.

Ce phénomène est bel et bien présent aussi bien au sein des institutions académiques du secondaire qu’au niveau le plus élevé des formations universitaires. Le résultat en est que la plupart du temps, les compétences en ce qui concerne les filles sont douteuses car pour la plupart des hommes et même dans les amphis « les filles ont plusieurs moyens de réussir ».

S’il n’y a que ces dernières années que le phénomène est devenu inquiétant, il faut dire qu’il existe depuis plusieurs années. Au lycée déjà comme le confirme Léontine, élève en classe de 2nde « la plupart des filles se faisaient une concurrence rude, se vantaient de sortir ou pariaient pouvoir sortir avec tel ou tel professeur ».

En effet si la majorité des œuvres et des études portent sur les élèves comme étant des victimes, il n’est pas rare de voir que finalement, ce sont elles qui mettent la pression aux enseignants. M. Clotus Tanteh, ancien professeur à l’Ecole Normale Supérieure de Bambui raconte « durant ma première année au sein de cet établissement, je me suis fait piégé par une élève. Elle venait souvent me voir après le cours pour me demander de lui expliquer certains aspects qu’elle n’avait pas compris pendant le cours. Elle m’a ensuite proposé de devenir son répétiteur et m’a demandé mon numéro de téléphone. Je me suis heurté au problème de manque de salle pour lui dispenser les cours. C’est elle qui m’a proposé mon domicile et ne semblait pas être gênée comme moi je l’étais. Après deux jours de cours, elle m’a finalement avoué ses sentiments. J’ai refusé sa proposition et cessé les cours. Vexée, elle est allée raconter à l’établissement que j’avais voulu abusé d’elle. J’ai été convoqué par l’administration où on nous a entendu tous les deux et au finish les cours particuliers étaient interdits à l’établissement ».

Ce cas n’est pas le seul car de nombreux professeurs racontent les plans que les étudiantes mettent en place. Quand une fille veut sortir avec un professeur parfois, elle cherche sa maison sans que celui-ci ne le sache, elle s’y invite et lui fait des avances. Quand celui-ci ne cède pas, quelques fois, il arrive que le parent entre dans le jeu. Clara étudiante à l’université de Bamenda affirme que « il y a cinq ans ans, je devais voyager pour l’Angleterre. Aavec mes notes, j’ai constaté que je ne pourrais pas être acceptée dans l’école que je convoitais. Ayant constaté que notre professeur titulaire ne s’intéressait pas à toutes mes invitations, j’ai fait des avances à son collègue et ensuite, j’ai soumis mon problème à ce dernier qui est allé trouver mon professeur titulaire. Ce dernier a refusé de corriger mes mauvaises notes. Avec le temps qui pressait pour mon interview, ma mère le rencontra pour qu’il cède ».

À la suite de Clara, certaines étudiantes harcèlent les professeurs en se procurant leur numéro de téléphone pour leur faire des propositions indécentes. Quand le professeur ne le supporte pas, il n’est pas rare de voir qu’il décide d’expulser cette dernière de ses cours et elle, donnera une autre version des faits pour être la victime.

Le sexe est devenu monnaie courante au sein des institutions académiques. Roger, un étudiant et délégué raconte le fait qu’il n’est rare d’entendre une fille dire « je n’ai que trois ans ici, donc mon cher délégué à toi de voir ce que tu peux faire pour que je réussisse et moi je m’occuperais de toi ». Pour bien l’illustrer, dans certaines écoles de formation, la plupart des enseignants donnent ce type de conseil aux étudiants garçons  «vous  les garçons là, travaillez car pour les filles, elles ont d’autres moyens pour réussir » et même si tout l’amphi rit après de tels propos toujours est-il que c’est un fait réel.

À l’université de Bamenda, Mme Tang doherty en charge de la cellule d’écoute des affaires académiques affirme qu’aucune plainte de ce genre n’a encore été enregistrée sur leur campus. Mais avec son expérience en la matière elle poursuit « il n’y a pas de plaintes parce que nous ne fonctionnons que depuis deux ans seulement. La plupart du temps c’est en troisième année que nous enregistrons beaucoup de plaintes car les étudiantes doivent obtenir leur licence et ce genre de choses apparaissent le plus souvent par un problème de notes. Je suis certaine que l’an prochain quand nous attendrons nos premiers licenciés, ces problèmes apparaitront. Mais quelque soit le cas auquel nous serons confronté, nous ferons d’abord  des investigations pour savoir si les plaintes sont fondées et qui a raison. Il n’est pas rare de constater dans ce genre de cas que le plus souvent, la victime n’est pas celle que l’on pensait ».

Salma Amadore pour ExcelAfrica
15/03/2013

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