Success Story – William Demanou, jeune camerounais de 28 ans, est le promoteur de SupMagazine, le magazine des étudiants

William Demanou,  jeune camerounais de 28 ans, est le promoteur de SupMagazine, le magazine des étudiants. Son parcours se doit d’être une source de motivation pour les jeunes Africains en quête d’inspiration.

Qui est William Demanou? 
Je suis un jeune camerounais de 28 ans. J’ai une formation académique et professionnelle en marketing, communication et comptabilité, ayant une expérience dans le télétravail, dans la rédaction web et l’e-commerce. Je suis actuellement gérant de ma société Ets. COMMUNICATION EFFICACE qui édite le magazine « SupMagazine » et le site web www.supcamer.cm, où je suis co-fondateur.

Avez-vous rêvé depuis votre tendre enfance de devenir chef d’entreprise ?
Depuis mon tendre enfance…, non. Mais depuis que je suis inscrit à l’université. Avant de prendre cette décision d’évoluer à mon propre compte, j’ai fait une auto-analyse de ma personnalité pour savoir vraiment qui je suis, pour déceler mes forces et mes faiblesses, pour  savoir si je pouvais supporter la pression, les risques et les dangers d’un entrepreneur. Une fois que tout cela était vérifié, je me suis lancé.

Pourquoi  SupMagazine quand nous savons tous que les jeunes n’aiment pas la lecture ? Qu’apporte véritablement SupMagazine à ses lecteurs ? 
Dire que les « jeunes n’aiment pas la lecture » c’est un peu trop dire, ce n’ai pas vérifié… Je suis convaincu que un jeune lit tout article ou rubrique qu’il (elle) trouve intéressant et bénéfique pour lui (elle). Pour parler de l’initiative de SupMagazine, tout est parti du constat fait selon lequel les étudiants du Cameroun n’avaient pas un magazine destiné à eux ; tous les autres ont des magazines ou des revues les concernant, sauf les étudiants : il y a des magazines pour les entreprises, pour les femmes, les adolescents…mais pourquoi pas aussi pour les étudiants ?! Et pourtant on nous fait comprendre que les jeunes sont le fer de lance de la nation. Nous (mon équipe et moi) avons fait ce constat et commencé d’abord par mettre sur pied un site web pour les étudiants (www.supcamer.cm) dans lequel nous publions des offres de bourses nationales et internationales, de stages, d’emploi, des concours nationaux et internationaux, des annonces à caractère académique ou professionnel et un annuaire des différents établissements (universités et écoles) de l’enseignement supérieur au Cameroun. Six mois après, c’est-à-dire en janvier 2013, nous avons lancé SupMagazine.

SupMagazine est un magazine mensuel gratuit de 16 pages destiné aux étudiants. Il est constitué de plusieurs rubriques : l’actualité sur les campus, le développement personnel, le management, la santé, l’entreprenariat, l’interview (entretien avec un haut responsable d’université ou écoles supérieures, ou professionnels), astuces, annonces (concours, bourses, emploi, formation…). Toutes ces rubriques sont créées pour informer les étudiants (car nous avons constaté que le manque d’information nous freine dans notre élan), les éveiller (car de nombre jeunes ont tendance à perdre la foi, la confiance en eux, ils se font des préjugés infondés), les inspirer (en présentant le parcours de certaines personnes connues de tous pour leur faire comprendre qu’ils peuvent aussi être comme eux), leur donner des astuces qui les permettront  de ne pas se buter devant des obstacles. Nous voulons à travers ce magazine que les jeunes étudiants se sentent valorisés.

Quelle a été votre stratégie pour vous démarquer du lot de jeunes qui pensent avoir un avenir déjà hypothéqué par le chômage, l’alcool et autres ?
Depuis que j’ai eu mon baccalauréat « C », ça fait déjà huit ans aujourd’hui, je me suis intéressé au leadership personnel en lisant des livres pdf en ligne, en assistant à des séminaires gratuits (comme ceux organisés par Cameroun Ô Bosso), en suivant des cours de développement personnel. J’ai compris que le destin de chacun est entre ses mains. Certes, nous vivons dans un Etat, mais ce sont les hommes qui constituent cet Etat. Donc, en tant que personne vivant dans un Etat, je me dois de contribuer à l’avancement de cet Etat.

En réalité, nous ne devons pas tout attendre de l’Etat ; le gouvernement fait ce qu’il peut pour nous aider. A nous maintenant de faire avec ce qu’on met à notre disposition, bien qu’il soit minime.

Depuis combien d’années travaillez-vous sur ce projet et avec quelle ressource humaine  qui y participe?
C’est depuis deux ans que j’ai ce projet en tête, mais c’est seulement en janvier dernier que je l’ai réalisé, avec l’appui financier de la famille qui a cru au projet et a mis à ma disposition les fonds nécessaires.

En termes de ressource financière, j’ai pour le moment un seul collaborateur au nom d’Olivier Zambou, qui est d’ailleurs le responsable de la rédaction, qui croît au projet et s’y engage, j’ai aussi des correspondants qui fréquentent les universités et écoles supérieurs des villes de Douala, Yaoundé et Dschang pour le moment. Au fur et à mesure, on aura des correspondants dans d’autres villes.

Nous savons que le nerf de la guerre est généralement le financement, comment vous y êtes vous pris ?
C’est ma famille qui a mis à ma disposition les fonds dont j’avais besoin. Elle croit au projet.

En tant que jeune africain, quelles ont été les principaux obstacles que vous avez rencontrés  quand nous savons tous que le climat socio-économique est très complexe?
Pour la mise sur pied de ce magazine, je n’ai pas eu d’obstacle. C’est maintenant que je suis confronté au problème de sponsoring. En effet, je distribue le magazine gratuitement aux étudiants, et ça coûte chère à l’imprimerie puisque je l’imprime sur du papier A4 couché brillant en quadri chromique. J’imprime environ 5000 exemplaires que je distribue gratuitement. Actuellement, nous avons seulement un seul sponsor et nous en avons besoin davantage. Je profite de l’occasion pour lancer un appel à toute entreprise ou ONG qui voudrait bien faire passer leur message aux jeunes éduqués à travers les produits ou services, qu’elle peut le faire à travers mon SupMagazine. Ça nous aidera vraiment.Photo 011

Quelle est votre vision de SupMazine dans 10 ans ?
Notre vision d’ici 10 ans c’est que chaque étudiant du Cameroun puisse avoir un exemplaire de SupMagazine tous les mois.

En dehors de SupMagazine, quelles sont vos  autres perspectives d’avenir ?
En dehors de SupMagazine, nous (mon petit frère et moi) sommes en train de développer le site web www.supcamer.cm. Nous voulons faire de cette plateforme une référence de recherche d’information pour les étudiants africains en général et les étudiants camerounais en particulier. Nous sommes sur une bonne voie car nous avons un taux d’audience qui se chiffre à 2500 visiteurs en moyenne par jour. Nous avons d’autres actions que nous ferons découvrir aux étudiants très prochainement, toujours dans le but de les aider et les informer.

Quel message  de motivation adressez-vous aux jeunes Africains qui sont en manque d’inspiration ?
Je demande aux jeunes de croire en eux, de ne pas se décourager, d’être patient et persévérant. Je recommande surtout de travailler son leadership personnel, de rechercher d’abord à se connaître et de définir sa vision. Sachons que nous avons une tâche à accomplir ici sur terre. Nous avons reçu de Dieu un talent, recherchons-le et appliquons nous dans ce don. Cessons d’envier les autres, contentons-nous de notre rang, de notre position et cherchons à être le (la) meilleur(e) dans notre domaine. Je finirai mes propos en disant ces propos qu’un papa m’avait dit : « commence avec ce que tu as, et bâtis sur ce que tu sais ». Il me disait encore : « celui qui prend la peine de se courber ne se relève jamais sans rien ». Que celui (celle) qui a des oreilles pour entendre entende.

A. W. pour ExcelAfrica
15/08/2013

 

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