COTE D’IVOIRE – Le CNE réactivé pour contrer le chômage

Le Conseil National de l’Emploi en abrégé CNE a été réactivé en Côte d’Ivoire pour lutter efficacement contre le problème du chômage. Ministères techniques, partenaires au développement et bailleurs de fond sont unis au sein de ce Conseil pour faire avancer les politiques de lutte contre le chômage.

Face au chômage de plus en plus galopant en Côte d’Ivoire, un chômage qui frappe surtout les jeunes, les Autorités n’avaient pas d’autre choix que de réactiver le CNE dont les activités ont été mises en veilleuse à la faveur de la crise. Ce conseil a été porté sur les fonds baptismaux par les Autorités Ivoiriennes pour permettre à la Côte d’Ivoire d’avoir un cadre de concertation nationale sur la question du chômage. Les petites activités disparates menées à de petites échelles auront certes une efficacité à court terme mais ne pourront pas à la longue être une solution au manque d’emploi. C’est donc pour mutualiser les ressources disponibles en termes de chiffre, de fond pour l’emploi et de politique contre le chômage que le CNE aspire toutes les politiques d’emploi mené par les Ministères techniques.

La synergie des actions

Dans les faits le Conseil National de l’Emploi a une dimension politique, scientifique et technique. Dans sa dimension politique, le CNE est co-parrainé par les Ministères d’Etat en charge de l’Emploi, des affaires sociales, de la solidarité et celui en charge du Plan et du Développement. Ces deux Ministères sont en ligne de front pour les politiques à long terme sur le chômage. Le premier planifie les politiques et le second les développe pour les transformer en projets viables. Dans sa dimension scientifique et technique le CNE sera encadré par 41 membres et experts issu des ministères techniques, du secteur privé, des partenaires sociaux, des collectivités territoriales et des membres des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Ces partenaires au développement de la Côte d’Ivoire sont entre autre l’Agence de Coopération Française, la Banque Mondiale, le BIT (Bureau International du Travail), le PNUD… Il y aura donc synergie des efforts pour lutter contre le chômage car l’enjeu c’est surtout d’éviter que les bailleurs de fond soient tiraillés de toute part pour des financements et qu’au final personne ne puisse profiter de l’aide.

Le déficit d’emplois et ses implications sur la vulnérabilité croissante des Ivoiriens n’a pas échappé au diagnostic des experts du CNE. Ce diagnostic a conduit à la rédaction du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP).  Le DSRP titre une conclusion assez inquiétante : une grande partie de la population active est sans source de revenus ! L’emploi se précarise davantage : le “système de la débrouillardise” et l’économie informelle captent de plus en plus l’essentiel de la population active. En 2008 plus de 48,8% des travailleurs étaient des indépendants en majorité dans les secteurs agricole traditionnel et informel urbain. Les conditions de travail, de productivité et les revenus dans ces deux secteurs laissent à désirer ! 31,6% des personnes exerçant étaient des travailleurs non rémunérés, des ménagères, des aides familiaux, des apprentis…et seulement 19,6% de travailleurs salariés.  Plus de 23,8% des travailleurs étaient en situation de sous-emploi ! L’emploi informel urbain se développe à un rythme exponentiel. De 1995 à 2005 soit en l’espace de dix ans l’effectif des personnes occupées dans le secteur informel urbain a cru de 142% !

Il y a urgence et les experts du comité de pilotage du CNE auront en tête quelques réalités en menant leurs études et en exécutant leurs travaux. Leurs actions devront répondre aux préoccupations que sont le manque d’une main d’œuvre qualifiée, les difficultés d’insertion des demandeurs d’emploi à cause du décalage entre les formations reçues et les besoins de l’économie, la précarité de l’emploi, la persistance du phénomène du travail des enfants, une faible productivité du travail due à la forte prévalence du paludisme et du VIH/SIDA, aux difficultés de transport, du logement et aux mauvaises conditions de travail.

SUY Kahofi pour ExcelAfrica

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