SENEGAL – Ebola fait chuter de 50 % l’économie du tourisme

Il n’a vu qu’un seul cas confirmé, mais rapidement guéri, d’Ebola, mais pourtant le Sénégal, la plus importante destination touristique en Afrique de l’Ouest, a subi les conséquences de l’épidémie de fièvre hémorragique dans les pays voisins.

Les revenus du tourisme y ont en effet chuté de 50 %. Pourtant, le virus a fait moins de ravage au Sénégal qu’aux États-Unis.

La ministre sénégalais de la Santé, Awa Marie Coll Seck, souhaiterait que les Canadiens voient le Sénégal pour ce qu’il n’a pas cessé d’être malgré la menace Ebola : un pays magnifique, pacifique et sécuritaire, qui se prépare à accueillir 75 chefs d’État au Sommet de la Francophonie, dans un mois.

Le seul malade d’Ebola arrivé au pays – un étudiant guinéen – n’a contaminé personne, ni à l’hôpital, ni dans la famille qu’il visitait, qui a été étroitement suivie. Le médecin chef du service des maladies infectieuses au Centre hospitalier universitaire de Fann dit que son équipe n’a pas paniqué parce qu’elle était psychologiquement préparée et bien entraînée à identifier les cas suspects et à les traiter, tout en se protégeant.

« J’ai une équipe formidable. Ils se sont engagés à fond, ils se précipitent pour prendre en charge les malades, personne n’a cherché d’excuse pour ne pas s’impliquer. »— Dr Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses, Centre hospitalier universitaire de Fann

Après le cas du malade guinéen, des incidents entre des Sénégalais et des Guinéens ont été rapportés. Le docteur Seydi a craint le pire. « Les Guinéens sont partie intégrante du Sénégal. Attaquer des Guinéens, c’est s’attaquer soi-même », dit-il.

En plus du malade guinéen guéri de l’Ebola, une dizaine de cas suspects ont été traités dans le centre d’isolement du centre hospitalier universitaire, dont un Canadien qui a finalement reçu son congé.

Par contre, les autres hôpitaux du pays n’ont pas d’unité d’isolement. Dans ces hôpitaux, le personnel soignant doit désormais porter des masques et des gants avec tous les patients et ils sont en alerte constante pour repérer des cas suspects.

« Dans nos zones, c’est difficile, explique Dr Vanessa Ngo Biem, qui travaille à l’hôpital Philippe Magilène Senghor. Par exemple, ce matin, j’ai déjà vu 10 cas, des gastro-entérites. C’est difficile de faire la part des choses. Maintenant, est-ce qu’il faut étiqueter tout le monde avec “Ebola” ou éviter de créer la psychose? C’est difficile ».

Le personnel manque encore d’équipement de protection. Les combinaisons reçues et utilisées ne sont pas toujours remplacées par le ministère de la Santé.

« Si on avait encore plus d’équipement, c’est sûr qu’on pourrait être plus généreux », expose Awa Marie Coll Seck, la ministre de la Santé, qui déplore que les bailleurs de fonds comme le Canada privilégient les pays affectés et délaissent les pays voisins comme la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal, pourtant fragiles.

« Les pays autour sont dans une situation où, au contraire, il faut les aider à renforcer leur système. Il faut investir, il faut prendre des risques dans ces pays pour qu’ils soient debout, pour ne pas qu’ils tombent », dit la ministre.

Source: http://ici.radio-canada.ca/

24/10/14

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