Violences de Boko Haram: des milliers d’enfants privés d’éducation

Déplacés dans des écoles temporaires loin de leur foyer, réfugiés ou tout simplement gardés à la maison, des milliers d’enfants sont privés d’éducation en raison du conflit contre Boko Haram au nord du Cameroun.

Depuis deux ans, 136 écoles primaires au nord du Cameroun, près de la frontière nigériane, sont fermées. La crainte des enlèvements et des attaques empêchait un grand nombre d’enseignants de donner leurs cours et poussait les parents à garder leurs enfants à la maison. En avril 2014, environ 275 lycéennes avaient d’ailleurs été enlevées à Chibok au Nigéria, entraînant une mobilisation internationale autour du mot clic #bringbackourgirls.

«Quand ton enfant part à l’école le matin, tu ne sais pas s’il va revenir. Il vaut mieux qu’il reste à la maison», a dit Fadimatou, une commerçante qui a fui le nord du pays à cause des violences de Boko Haram.
Taux d’éducation très faible

Selon Manuel Fontaine, directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, «ce conflit représente un coup très dur pour l’éducation dans la région».

Plus le temps passe, plus ces enfants privés de scolarité sont à risques de décrocher. Selon l’UNICEF, on compte déjà environ 11 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire qui ne sont pas scolarisés dans les pays impliqués dans le conflit contre Boko Haram, soit le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger.
Une solution?

En avril 2015, le gouvernement camerounais et des organisations internationales ont entrepris la construction près de 200 salles de classe temporaires pour permettre à certains enfants du nord du pays de poursuivre leur scolarité.

«On les retire de la ville où ils sont éventuellement en danger et on les place dans des installations semi-permanentes», explique Issa Tchiroma Bakary, ministre des Communications et porte-parole du gouvernement du Cameroun.

Or, selon Fadimatou, peu de parents ont accepté de laisser partir leurs enfants. «Les routes ne sont pas sécuritaires. Personne ne veut voir partir son enfant sans savoir quand il va le revoir.»

Cette solution, bien que déchirante pour certains parents, semble être la seule qui puisse assurer à la fois la sécurité et l’éducation des jeunes de la région.

«Des écoles ont été la cible d’attaques et les enfants ont donc peur d’y retourner. Or, plus ils restent non scolarisés, plus ils sont exposés aux risques de mauvais traitements, d’enlèvement et de recrutement par les groupes armés», a souligné M. Fontaine.

Source: http://www.tvanouvelles.ca

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