Depuis plusieurs mois, des enquĂȘtes et des tĂ©moignages rĂ©vĂšlent un phĂ©nomĂšne peu connu : des centaines, voire plus dâun millier de ressortissants africains auraient Ă©tĂ© recrutĂ©s pour combattre dans la guerre en Ukraine du cĂŽtĂ© russe. Selon des responsables ukrainiens, plus de 1 400 Africains provenant de dizaines de pays seraient impliquĂ©s dans le conflit â un chiffre difficile Ă vĂ©rifier de maniĂšre indĂ©pendante, mais qui reflĂšte une tendance rĂ©elle documentĂ©e par plusieurs mĂ©dias internationaux.
đ° Des promesses dâemploi⊠qui mĂšnent au front
De nombreux tĂ©moignages Ă©voquent des recrutements via des offres dâemploi attractives :
- contrats promettant de bons salaires en Russie ;
- emplois annoncés dans la sécurité, la logistique ou la construction ;
- promesses de résidence ou de nationalité russe.
Certains affirment avoir signĂ© des contrats sans comprendre quâils sâengageaient dans lâarmĂ©e. Des gouvernements africains â comme celui de South Africa â ont reconnu que certains de leurs ressortissants avaient Ă©tĂ© attirĂ©s par des offres dites âlucrativesâ avant de se retrouver dans des zones de combat.
âïž Pourquoi la Russie recrute Ă lâĂ©tranger ?
La guerre en Ukraine est longue et coĂ»teuse en effectifs. Pour compenser les pertes et maintenir ses opĂ©rations, la Russie aurait Ă©largi ses efforts de recrutement Ă lâinternational :
- réseaux de recruteurs privés ;
- campagnes sur les réseaux sociaux ;
- contrats militaires ouverts aux étrangers.
Certaines analyses Ă©voquent aussi lâhĂ©ritage des relations militaires construites par la Russie en Afrique ces derniĂšres annĂ©es, notamment via des structures paramilitaires comme le groupe Wagner Group.
đ„ Qui sont ces recrues ?
Les profils sont variés :
- jeunes hommes en recherche dâemploi ;
- anciens militaires ;
- étudiants ou travailleurs migrants déjà présents en Russie.
Plusieurs tĂ©moignages dĂ©crivent un manque dâentraĂźnement militaire et des conditions difficiles une fois sur le terrain. Des cas rĂ©cents ont mĂȘme rĂ©vĂ©lĂ© la mort de ressortissants africains dans lâest de lâUkraine aprĂšs leur dĂ©ploiement.
đ§ Une question plus large : pauvretĂ©, mobilitĂ© et vulnĂ©rabilitĂ©
Au-delĂ du conflit lui-mĂȘme, cette situation soulĂšve des questions profondes :
- la précarité économique qui pousse certains jeunes à accepter des contrats risqués ;
- les limites du contrĂŽle des recruteurs internationaux ;
- la mondialisation des guerres, oĂč des citoyens de pays Ă©loignĂ©s se retrouvent impliquĂ©s dans des conflits gĂ©opolitiques majeurs.
đ Ce que cela rĂ©vĂšle
Ce phĂ©nomĂšne montre que la guerre en Ukraine nâest plus uniquement europĂ©enne â elle attire ou entraĂźne des personnes venant du monde entier, parfois par choix, parfois par manque dâalternatives.
Il rappelle aussi combien lâinformation claire est essentielle : plusieurs gouvernements africains appellent dĂ©sormais leurs citoyens Ă la prudence face aux offres dâemploi douteuses Ă lâĂ©tranger.
âïž Conclusion
DerriĂšre les chiffres et les statistiques, il y a surtout des trajectoires individuelles : des jeunes qui cherchaient un travail, un avenir meilleur â et qui se retrouvent pris dans lâun des conflits les plus violents de notre Ă©poque.
