Si j’étais président d’un pays africain, je transformerais en profondeur l’école primaire, car c’est à ce niveau que tout se joue. Aujourd’hui, les défis sont évidents : classes surchargées, élèves qui terminent le primaire sans savoir lire correctement ni maîtriser les bases du calcul, enseignants insuffisamment formés ou mal affectés.
La première réforme serait simple mais essentielle : réduire la taille des classes. On ne peut pas apprendre efficacement à 80 ou 100 élèves par salle. L’objectif serait d’atteindre environ 25 élèves par classe afin de garantir un véritable suivi individuel. À court terme, on pourrait instaurer un système de mi-temps pour désengorger les salles. À moyen terme, il faudrait investir dans la construction de nouvelles classes et infrastructures scolaires.
Deuxième priorité : placer les meilleurs enseignants dans les premières années du primaire. Les classes de CP et CE1 (ou leurs équivalents) constituent la base de tout le parcours scolaire. Si un enfant échoue à apprendre à lire et à compter à ce stade, il accumulera des lacunes tout au long de sa scolarité. Ces postes doivent être valorisés et confiés aux enseignants les plus compétents et les mieux formés. L’école primaire ne doit plus être considérée comme une affectation par défaut, mais comme une mission stratégique d’excellence nationale.
Troisièmement, il faut rendre le métier d’enseignant plus attractif. Cela passe par de meilleurs salaires, des formations solides et gratuites, et une véritable reconnaissance sociale. Il faut attirer les meilleurs élèves vers les filières pédagogiques. On pourrait s’inspirer de modèles comme Teach for America, où de jeunes diplômés s’engagent à enseigner pendant quelques années pour renforcer le système éducatif et insuffler une nouvelle dynamique.
Enfin, je mettrais un accent fort sur la lecture. La lecture développe l’imagination, la créativité et l’esprit critique. Sans créativité, il n’y a ni innovation ni progrès durable. Je me souviens que, lorsque j’étais jeune, le magazine Kouakou était distribué gratuitement dans les écoles chaque semaine. Pourquoi ne pas créer des partenariats nationaux pour offrir chaque mois un petit magazine éducatif à tous les élèves ? Donner le goût de lire dès le plus jeune âge serait une révolution silencieuse, mais puissante.
Et la question du financement ? L’argent existe. Il suffit d’en faire une priorité nationale. Car si la base est solide, tout le reste peut suivre.
