Ils sont des milliers, au Kenya, à travailler dans l’ombre pour entraîner les intelligences artificielles que le monde entier utilise aujourd’hui. Leur mission : filtrer, trier et analyser des contenus en ligne — souvent violents, choquants, voire traumatisants — afin de rendre ces technologies plus “sûres”.
Mais derrière les promesses de progrès technologique se cache une réalité bien plus sombre.
Payés parfois à peine 2 dollars de l’heure, ces travailleurs du numérique dénoncent des conditions de travail difficiles : longues heures, pression constante, et surtout une exposition répétée à des contenus extrêmes — violences, abus, discours haineux. Beaucoup affirment ne pas avoir reçu de soutien psychologique suffisant pour faire face à ces images.
“On nous demande de protéger les utilisateurs… mais qui nous protège, nous ?” témoignent certains.
Ce travail, essentiel au développement de l’intelligence artificielle, reste pourtant largement invisible. Les grandes entreprises technologiques externalisent ces tâches dans des pays où la main-d’œuvre est moins coûteuse, soulevant des questions éthiques majeures : peut-on parler d’innovation responsable lorsque ceux qui forment les machines sont eux-mêmes fragilisés ?
Face à cette situation, des travailleurs kényans commencent à s’organiser et à dénoncer publiquement ces pratiques. Ils réclament de meilleures conditions, des salaires plus justes et un véritable accompagnement en santé mentale.
Car derrière chaque algorithme performant, il y a des humains — souvent oubliés — qui en paient le prix. SOURCE: Cliquez ici
