Dans ce dernier volet consacré à la réforme de l’éducation en Afrique, intéressons-nous à un point clé : l’enseignement supérieur.
Aujourd’hui, dans de nombreux pays africains, l’université est souvent perçue comme une machine qui produit… des chômeurs. Une grande partie des diplômés peine à trouver un emploi, ce qui pose une question essentielle : à quoi servent réellement ces formations si elles ne débouchent sur rien de concret ?
Le problème, c’est que ces systèmes restent trop théoriques et déconnectés des réalités du terrain. Il est urgent de repenser l’enseignement supérieur en mettant l’accent sur des compétences pratiques — des compétences directement utiles, qui permettent aux jeunes de s’insérer dans la vie active ou de créer leurs propres opportunités.
Au-delà des connaissances, il faut aussi développer l’esprit critique et l’autonomie. Former des jeunes capables de réfléchir, de s’adapter, de se débrouiller par eux-mêmes — et non d’attendre que tout vienne de l’État. L’objectif n’est pas seulement de chercher un emploi, mais aussi d’être capable d’en créer.
Cela implique un changement profond : passer d’un modèle centré sur les diplômes théoriques à un système orienté vers des formations professionnelles et techniques. Des parcours concrets, comme les formations de type BTS, qui répondent aux besoins réels des économies locales.
Car la réalité est simple : tous les pays n’ont pas besoin de milliers de diplômés en droit ou dans des filières saturées. En revanche, ils ont un besoin urgent de compétences pratiques — mécaniciens, comptables, techniciens, entrepreneurs — capables de répondre aux défis quotidiens et de développer des activités.
Réformer l’enseignement supérieur en Afrique, ce n’est pas supprimer l’université. C’est la transformer. La transformer en un véritable levier de développement, centré sur la pratique, l’initiative et la création de valeur.
