Le droit des femmes a l’education non respecte au Niger

Niamey, Niger (PANA) – L’état des lieux en matière de respect du
droit des femmes à l’éducation est désastreux au Niger, dix ans
après l’adoption, par le gouvernement, d’une Loi d’orientation du
système éducatif national (LOSEN) révèle une étude consacrée à
cette question.

Selon cette étude menée par l’ONG Alternative, Espaces Citoyens,
15,1% seulement des femmes sont alphabétisées contre 42,9% des
hommes. Bien que le nombre de femmes inscrites soit supérieur à
celui des hommes, notamment en 2003 et 2006, les résultats des
hommes en termes d’apprentissage sont meilleurs à ceux des
femmes.

Le taux de scolarisation au primaire est de 35,8% contre 46,9%
chez les garçons et la proportion des filles n’ayant jamais été
scolarisées est de 51% contre 43% de garçons.

“Au regard de ces statistiques, il est permis de conclure que les
programmes et projets exécutés au Niger en matière d’accès des
femmes à l’éducation n’ont pas permis de réduire les disparités
de genre”, souligne l’étude.

La principale faiblesse de tous ces programmes et projets est
justement de ne pas prendre en compte les autres niveaux de
l’enseignement précise l’étude, qui souligne que l’accès à
l’éducation de base, y compris l’éducation non formelle, ne
garantit nullement l’acquisition par les filles et les femmes
d’un niveau significatif de connaissance et de compétence
susceptible de changer leur statut social.

L’étude révèle que sur toute la période 2003-2007, le budget
prévisionnel total consacré au volet promotion de la
scolarisation des filles dans le cadre du Plan décennal de
développement de l’éducation (PDDE) était seulement de 7
milliards 432 millions de francs CFA, mais que seul 530 millions
ont été effectivement dépensés, selon le ministère de l’Education.

“Ce qui démontre clairement que la promotion de la scolarisation
des filles, bien qu’elle soit considérée comme une activité
essentielle pour réduire les disparités de genre au sein du
système éducatif, n’a pas bénéficié d’une allocation budgétaire
démontrant une volonté politique affirmée”, affirme l’étude.

“Cette situation confirme davantage l’idée que l’introduction de
la dimension Genre dans les politiques éducatives n’est pas
encore appropriée au niveau des décideurs nationaux, alors même
que le Niger est signataire de tous les instruments juridiques
internationaux et régionaux relatifs à l’élimination de toutes
les formes de discrimination à l’endroit des femmes”.

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