Les élèves de Mauritanie se préparent pour le baccalauréat dans un contexte d’instabi

Les élèves de Mauritanie se préparent pour le baccalauréat dans un contexte d’instabilité politique

Alors que l’élection présidentielle de juin coïncidera avec les examens du baccalauréat, de nombreux élèves mauritaniens craignent que les affaires politiques ne viennent entraver leurs résultats.

Des milliers d’élèves mauritaniens préparent l’examen du baccalauréat sous la pression d’une situation politique instable qui, selon beaucoup, pourrait avoir un impact négatif sur les résultats.

Les examens doivent se dérouler entre le 2 et le 30 juin. Les élections présidentielles sont, elles, prévues pour le 7, les premières depuis le coup d’Etat dirigé par le général Mohammed Ould Abdelaziz en août de l’année dernière.

Le plus grand motif d’inquiétude des élèves est de perdre leurs professeurs à l’occasion de la campagne présidentielle, lorsque ceux-ci auront à coeur de faire campagne pour leur candidat préféré. Cela s’est déjà produit, explique Leila Mint Mohamed, une étudiante de 26 ans. Lors des élections présidentielles de 2007, qui avaient amené au pouvoir le Président déchu Sidi Mohammed Ould Cheikh Abdellahi, son école avait perdu la plupart de ses enseignants qui étaient partis en campagne, avant même de boucler les programmes.

"Sur les soixante-dix élèves de ma classe, seuls trois avaient réussi", explique-t-elle. "J’espère que le scénario ne se reproduira pas cette année."

Ce "scénario" a poussé de nombreux élèves à se tourner vers l’école privée, où ils pensent que les enseignants placent l’éducation avant leurs préférences politiques.

El Weli Ould Sidi, élève en filière scientifique, est l’un de ceux qui sont partis vers le privé. Avec plusieurs de ses camarades, ils ont préféré étudier pour le bac loin de la politique.

"Les deux prochains mois de mai et juin seront une période d’intense activité politique, qui aura un impact négatif sur les écoles publiques, où certains enseignants sont affiliés à des partis politiques, à des candidats, et même à des circonscriptions", explique Ould Sidi. "En conséquence, les élèves de ces écoles seront victimes d’ambitions politiques avec lesquelles ils n’ont rien à voir."

Les établissements privés sont devenues plus vivants et plus dynamiques que les écoles publiques dans la capitale, Nouakchott. Banne Ould El Hacen, directeur de l’école privée Bab Al Elm, explique que les statistiques montrent un nombre croissant d’élèves passant chaque année dans le privé.

"Ils ont remarqué qu’environ 80 pour cent des candidats chanceux de l’an dernier étaient des élèves qui avaient fréquenté des établissements privés", explique-t-il. "Cette année, nous enregistrons une demande plus forte, ce qui accentuera encore ce pourcentage."

Pour leur part, enseignants et responsables de l’éducation encouragent les élèves à ne s’intéresser qu’aux examens et à passer leur temps en compagnie de leurs livres. Le reste sera pris en charge par les écoles, assurent-ils. L’objectif de cette année est de terminer les programmes avant le lancement de la campagne électorale le 20 mai, pour donner aux élèves suffisamment de temps pour leurs révisions, explique Ahmed Ould Ali, un directeur des études.

"Cela donnera aux élèves l’occasion d’approfondir leurs révisions. Les gens ne doivent pas être inquiets à ce sujet", explique-t-il.

"Nous faisons tout ce que nous pouvons pour aider nos élèves, sur le plan à la fois éducatif et administratif pour les examens de cette année", explique Aicha Ment Cheikh, directrice d’un établissement secondaire.

Et politique ou non, Vadel Ould Ahmed, professeur de mathématiques, estime que la famille joue un rôle extrêmement important dans la préparation au baccalauréat. Elle encourage l’élève à travailler davantage, quelle que soit l’ambiance générale, explique-t-il.

"Les parents doivent assurer une atmosphère propice aux études", ajoute le professeur Ahmed. "Cela vient en complément de la fourniture des articles nécessaires, comme les livres, les matériels et le paiement des heures de cours supplémentaires. L’équation du succès au bac est bilatérale et requiert les efforts conjoints des parents et des enseignants."

Par Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud pour Magharebia à Nouakchott – 18/03/09
http://www.magharebia.com

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