Malawi – Faire de l’école primaire universelle une réalité

Malawi – Faire de l’école primaire universelle une réalité
IPS News – [01/12/03]
Lorsque les chefs d’Etat et de gouvernement du Commonwealth se réuniront au Nigeria le mois prochain pour leur conférence bi-annuelle, le programme sera probablement dominé par la politique.

Mais, si on laissait faire l’activiste Julita Msanjama, les dirigeants passeraient le clair de leur temps à discuter d’éducation. Msanjama est la coordonnatrice au Malawi du Fonds éducation du Commonwealth (CEF) – qui a été lancé l’année dernière par le ministre des Finances de la Grande-Bretagne, Gordon Brown, à l’occasion du 50ème anniversaire de naissance de la Reine Elizabeth. Le Fonds opère en partenariat avec trois organisations caritatives britanniques, le secteur privé et le gouvernement britannique – qui l’a doté d’environ 17 millions de dollars. La Grande-Bretagne a invité les entreprises à donner le même montant, estimant que cela correspondrait exactement aux contributions du secteur privé, au dollar près. Les trois organisations caritatives sont ‘ActionAid’, Oxfam et Sauver les enfants.

En fin de compte, le Fonds pourrait valoir plus de 50 millions de dollars. Le président du CEF, Edward George, a écrit que cela permettra ”une contribution de la base au sommet à la conception et la mise en œuvre des politiques” qui aideront à garantir l’éducation aux 17 membres du Commonwealth ayant de faibles revenus.

Ce sont de belles paroles en face d’une tâche impressionnante.

Lorsque les dirigeants du monde entier s’étaient rencontrés au Forum mondial sur l’éducation, qui s’est déroulé au Sénégal en 2000, on estimait que 113 millions d’enfants n’avaient toujours pas accès à l’éducation primaire. Sur ce nombre, plus de 70 millions sont dans le Commonwealth.

Le Cadre d’action de Dakar qui a été élaboré durant le forum a demandé aux signataires de faire en sorte que tous les enfants aient accès à l’éducation primaire gratuite en 2015. Les Objectifs de développement du millénaire des Nations Unies ont également promis aux gouvernements de faire en sorte qu’en 2015, tous les enfants puissent achever leurs études primaires.

Le CEF estime que, ”d’après les tendances actuelles, cet objectif ne pourra pas être atteint, avec 75 millions d’enfants toujours sans scolarisation à la date visée”. Le fonds lui-même est victime de ces ”tendances” : les entreprises n’ont pas répondu de la manière qu’on l’espérait à l’invitation à promettre de l’argent au CEF. Cependant, Msanjama reste optimiste. Elle a également souligné les zones d’avancées au Malawi.

Entre autres choses, le CEF vise à encourager une large participation dans la conception et la mise en œuvre des plans d’éducation d’un pays.

Il souligne l’importance à faire en sorte que les communautés locales contrôlent les dépenses sur l’éducation. Le fonds encourage également la mise en place de moyens novateurs pour s’assurer que des groupes vulnérables, comme les enfants de la rue et les enfants soldats, reçoivent l’éducation. Selon Msanjama, l’équipe de gestion du CEF a réussi à impliquer des organisations non gouvernementales (ONG) et des groupes d’églises pour garder un œil sur le budget de l’éducation du Malawi. ”Nos recommandations iront à la Commission éducation dans le budget au parlement et pour cette année fiscale, nous faisons pression sur le gouvernement pour qu’il rende transparentes ses dépenses dans le secteur”, affirme-t-elle.

Msanjama ajoute que le CEF a financé des études pour déterminer pourquoi les enfants quittent l’école tôt. Il y a eu une recherche sur les voies et moyens de faire en sorte que les filles aient un accès égal à l’éducation, et le problème des adultes analphabètes a été également examiné à la loupe. ”Nous consultons également la Confédération des chambres de commerce et d’industrie du Malawi comme point d’entrée pour faire pression sur le secteur privé afin qu’il soutienne l’éducation”, indique Msanjama, faisant remarquer que des processus similaires sont en cours au Kenya, en Ouganda, au Ghana et en Sierra Leone.

A la date d’aujourd’hui, le fonds a accordé environ 770.000 dollars au Malawi.

Selon le CEF-Malawi, l’inscription à l’école primaire dans le pays a doublé et est passée de 1,8 million à 3,2 millions entre 1994 et 1997- ceci après l’introduction par le gouvernement de l’éducation primaire gratuite.

Toutefois, l’augmentation de l’inscription n’était pas assortie d’un recrutement supplémentaire d’enseignants. Actuellement, le ratio enseignant-élève au Malawi varie entre 1 et 50, et les autorités ont été obligées d’employer 25.000 enseignants non qualifiés.

Le VIH/SIDA a eu un impact sérieux sur l’éducation : environ 6.000 enseignants seraient morts des suites de maladies liés au SIDA entre 2000 et 2001 seulement. Ce taux de décès dépasse celui du recrutement, créant une grave pénurie au sein du personnel enseignant.

Des 17 pays ciblés par le CEF, 13 sont en Afrique – le reste en Asie. Le Cameroun, la Gambie, le Lesotho, le Mozambique, le Nigeria, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe sont les autres pays africains qui profitent du fonds.

Msanjama croit que les dirigeants à la prochaine Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du Commonwealth (CHOGM), du 5 au 8 décembre, devraient faire le point de leurs efforts pour améliorer l’éducation pour les plus jeunes citoyens de leurs pays.

”Abuja sera le moment de rendre compte des progrès réalisés au cours des trois dernières années et de tracer l’avenir pour rendre l’éducation accessible à tous”, ajoute-t-elle.

Source:http://www.ipsnews.net/fr/interna.asp?idnews=1945

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