Ces universités qui font trembler les grandes écoles

Selon le classement SMBG des meilleurs masters, MS et MBA, publié ce samedi, plusieurs universités devancent ou talonnent les écoles de commerce prestigieuses dans certaines spécialités économiques et financières. Découvrez lesquelles…

 

C'est un fait : les Français sont friands de classements mais ceux-ci, souvent critiqués, sont à interpréter avec prudence, ne serait-ce que par leurs différences de méthodologie. Publié par le cabinet de conseil en orientation SMBG-Eduniversal à l'occasion de son salon des meilleurs masters, mastères spécialisés et MBA qui se tient ce samedi 5 mars à la Villette à Paris (et en province du 12 mars au 9 avril), le classement SMBG, dont La Tribune publie en avant-première le top 10 de huit spécialités (Banque-finance, entrepreneuriat, fiscalité, gestion du patrimoine, gestion des risques, management de l'environnement et du développement durable, management de l'innovation et Droit des affaires et management), présente l'intérêt de comparer les diplômes de niveau bac + 5 / bac + 6 et MBA des grandes écoles et des universités (44% des 120 établissements représentés et 38% des 476 programmes classés concernant 52 spécialités de management, marketing, commerce, droit, gestion, ressources humaines, ingénierie, systèmes d'information…).

Trois critères ont prévalu pour l'enquête 2011 qui a interrogé 3.500 à 4.000 formations, 20.089 étudiants et un millier de professionnels RH : la notoriété de la formation, le salaire de sortie et le retour de satisfaction des étudiants. A noter que ce sont les formations qui sont classées (de 1 à 4 étoiles en fonction de la note finale obtenue entre 1 et 15) et non les établissements.

Paris-Dauphine et Panthéon-Assas toujours bien classées

Si les universités Paris-Dauphine (vingt-neuf masters classés en 2011) et Panthéon-Assas (vingt masters classés en 2011) figurent toujours dans ce classement depuis sa création en 2002, Marie-Anne Binet, responsable des classements et associée de SMBG-Eduniversal, note "une poussée des universités". Non que celles-ci étaient moins performantes auparavant, mais "les masters universitaires souhaitent de plus en plus entrer dans la compétition, ce qui passe par une logique de marque". Un mouvement amorcé avant même la loi LRU sur l'autonomie des universités de 2007, dû en grande partie à "une prise de conscience des enseignants et des directeurs d'UFR", la notoriété des masters relevant plus de leur directeur de programme que de l'institution elle-même dans le monde universitaire.

Mais avec l'autonomie des universités et la possibilité de créer des fondations, la création de pôles, l'opération campus et les projets d'excellence dans le cadre du grand emprunt, de nombreuses universités sont en train de mettre en place de véritables stratégies marketing. Pour Marie-Anne Binet, la LRU est aussi un atout pour gagner en compétitivité, même si "l'université française n'a pas eu besoin de la LRU pour dispenser de très bons programmes", puisque c'est là que l'on trouve "depuis toujours les meilleurs enseignants français".

Huit spécialités à la loupe

Ainsi, dans les huitspécialités publiées par La Tribune, les universités tiennent parfois la dragée haute aux grandes écoles, et s'immiscent sur de nouveaux territoires. Dans les top 10 des spécialités "Banque Finance" et "Fiscalité", disciplines traditionnellement universitaires, on retrouve ainsi respectivement 6 et 9 universités (dont un institut d'administration des entreprises). Dans le premier, Paris 1 Panthéon-Sorbonne pointe aux 1er et 5ème rangs, Assas (2ème rang) gagne même deux places et Dauphine (3ème et 6ème rang) une au détriment de l'ESCP Europe qui en perd deux (mais conserve ses 4 étoiles).

A l'inverse, l'"Entrepreneuriat" et la "Gestion de patrimoine" restent dominées par les écoles de commerce (ESCP Europe, EMLyon, HEC, BEM Bordeaux Management School…). Seule Dauphine figure dans la spécialité "Entrepreneuriat". Quant à la "Gestion de patrimoine", il est à noter la présence au 4ème rang de l'université d'Auvergne (Clermont 1), dont le master est historiquement réputé, mais aussi l'entrée en scène, à la 3ème place, de l'IAE de l'université Paris Est Créteil (Upec).

En "Gestion des risques", le top 5 n'est qu'exclusivement constitué d'écoles, l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en étant sorti au profit de Mines ParisTech. Mais l'université figure à la 9ème place de la spécialité "Management de l'environnement et du Développement durable", dominée par HEC (à noter là aussi la présence des IAE de l'Upec et de Valenciennes). En "Management de l'innovation", où l'EMLyon emporte la palme, l'université Paris 8 Vincennes Saint-Denis sort au profit de Dauphine, 6ème derrière l'IAE d'Aix-en-Provence.

Enfin, la spécialité "Droit des affaires et Management" est une "belle illustration de la poussée des universités, sur des spécialités habituellement réservées aux écoles de commerce", relève Marie-Anne Binet. Ainsi, le MBA-Master 2 de droit des affaires et management-gestion d'Assas, créé il y a seulement trois ans, est-il passé de la 5ème à la 1ère place. Les grandes écoles occupent certes les quatre rangs suivants (EMLyon, Essec, ESCP Europe, HEC) mais figurent à des places plus qu'honorables l'université Lyon 3 Jean Moulin (6ème) et l'université François Rabelais de Tours (10ème). Cette percée des universités, pousse d'ailleurs les écoles à "créer de plus en plus de programmes sur des domaines traditionnellement réservés aux universités" tels le droit ou la fiscalité, constate Marie-Anne Binet.

Notoriété grandissante

Reste à savoir si cette percée a des incidence sur le marché de l'emploi, alors dans le cadre de la loi LRU, les universités ont désormais des comptes à rendre en matière d'insertion professionnelle. Dans un contexte de crise, note Cécile Escape, directrice générale, associée de SMBG, les entreprises, qui peinent à se retrouver dans le maelstrom des formations universitaires, "se rassurent en privilégiant la marque des établissements même si la notoriété des programmes, révélée et développée par nos classements, est de plus en plus prise en compte par les recruteurs". De fait, les masters universitaires commencent à gagner leurs galons auprès des recruteurs avec le développement de réseaux d'anciens mais aussi de passerelles entre universités et écoles.

D’ailleurs, les différences de rémunération entre les diplômés d’université et ceux des grandes écoles sont moins importantes qu’attendu. "Plus qu’entre grandes écoles et universités, les écarts de salaires existent entre le haut de tableau et le bas de tableau de nos classements. Ces écarts sont renforcés par la différence Paris/province", analyse Cécile Escape Pérochain. Ainsi y aura-t-il des écarts de salaire de quelques milliers d’euros par an entre les salaires des diplômés des trois ou quatre premières formations en Banque Finance et celles situées aux 8e, 9e ou 10e rang, qu’il s’agisse d’universités ou de grandes écoles. Pour autant, contrairement aux salaires moyens, les diplômés de grande école continuent de bénéficier de "niveaux de salaires maximum que les universités sont loin d’atteindre", rappelle Cécile Escape Pérochain, du fait notamment du profil d’origine des candidats et de leurs choix professionnelles. Mais précise-t-elle, ces écarts de salaires peuvent aussi être dus aux étudiants en formation continue qui intègrent certains programmes de grande école après plusieurs années d’expérience et bénéficient donc de rémunérations plus favorables. Un phénomène plus couramment constaté dans les grandes écoles.

Retrouvez l'intégralité du classement SMBG 2011 ce vendredi 4 mars à 20 heures surwww.meilleurs-masters.com

Clarisse Jay – 04/03/2011, 09:01 

Source: http://www.latribune.fr

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *