CAMEROUN – Recrutement des 25 000 : La justice à la Salomon du gouvernement

De nombreux noms des agents de l’Etat dont ceux d’Achille Bella et Auben Kisito Bessala absents de la liste des 46 suspendus.

Le recrutement des 25 000 jeunes diplômés, censé procurer du travail aux chômeurs et dont des fonctionnaires constituent une bonne partie de la liste des premiers présélectionnés, continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. 
Suite à la révélation par la presse de la supercherie, la suspension prononcée par le gouvernement contre 46 agents de l’Etat camerounais s’étant frauduleusement constitués candidats, semble elle-même être une supercherie. Et pour cause, De nombreux fonctionnaires et autres agents de l’Etat présélectionnés pour le secteur de l’Enseignement supérieur, ont été extraits des 46 candidats sanctionnés par le secrétaire général des services du Premier ministre le 05 août 2011. 

Parmi eux, Achille Bella, agent de l’Etat et actuellement chargé d’études assistant au ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup). Mais aussi de Kisito Auben Bessala, l’actuel intendant de l’Ecole normale supérieurs (Ens) qui est comme nombre de ses camarades le savent titulaire d’un Dea en philosophie. Des sources à la commission technique de recrutement laissent croire qu’Achille Elvice Bella n’est pas fonctionnaire raison pour laquelle, il a été épargné par la mesure de suspension prononcée le 05 août 2011 par le secrétaire général des services du Premier ministre, Jules Doret Ndongo. Un argument battu en brèche par d’autres agents de l’Etat et relevant de l’Enseignement supérieur qui estiment que leurs dits collègues émargent au budget de l’Etat et que leur présence dans les listes de recrutement ne se justifient. 

Remerciements 
Un propos qui va en droite ligne de la première réaction de M. Bella jeudi dernier sur la question : «Je ne sais pas vraiment ce que mon nom cherche dans ces listes. Il vaut mieux interroger les auteurs». La liste des premiers présélectionnés au recrutement des 25 000 jeunes à la fonction publique relevant de l’Enseignement supérieur, a dévoilé 1013 noms contre 186 candidats chercheurs admis en présélection. C’est dans ce cadre que certains présélectionnés se sont livrés aux opérations de remerciements publics au chef de l’Etat à travers les colonnes de journaux, la radio et la télévision. Une démarche qui a suscité des interrogations et attiré l’attention sur le cas Achille Elvice Bella, en service à la division du dialogue social du ministère de l’Enseignement supérieur où il est chargé d’études assistant. 
Dans l’édition de Cameroon tribune du mercredi 03 août 2011, il exprimait avec emphase sa gratitude au président la République. «C’est un sentiment de joie légitime de faire partie des premiers présélectionnés de ce vaste programme spécial de recrutement ; (…) je considère ma présélection comme une interpellation de la nation», déclarait-il dans l’édition du jour, du quotidien gouvernemental. 

En dehors de cet historien qui formait le voeu que cette opération très délicate puisse «s’effectuer sur la base du mérite, de la promotion de l’excellence et de l’objectivité», et qui précisait qu’il est agent de «l’université» et «non de l’Etat» (on note bien la subtilité), l’on retrouve toujours dans la filière enseignement supérieur qui a ouvert le bal des présélections avec la recherche scientifique, des noms de candidats qui sont en fonction depuis des années dans différentes administrations publiques du pays. 
Parmi eux, Eric Wilson Fofack, Pleg d’histoire, Arnaud Cheumani Yona, enseignant de chimie, Alain Charly Tagne Kuate, Bernard Dabole et Tize Zra tous enseignants de chimie organique, tandis que Anicet Siakam Wendji dispense quant à lui des cours de chimie minérale.
Interrogés au sujet de cette intrusion des noms de fonctionnaires et de contractuels d’administration dans cette liste de présélectionnés, les membres de la commission de coordination et de supervision du recrutement spécial des 25 000 jeunes diplômés à la Fonction publique n’ont pas caché leur embarras. Et simulé une indignation, se consolant qu’il y ait 12 000 fraudeurs débusqués dans l’opération. «On ne va quand même pas créer un tribunal pénal international pour tous ceux-là», s’est laissé aller l’un des commissaires. Une manière de dire que de relativiser la sanction infligée. Mais en attendant, des voix s'élèvent parmi les 46 suspendus dans le sens de saisir la justice.

Léger Ntiga

10/08/2011

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