COTE D’IVOIRE – Baccalauréat: Des résultats reflétant la vraie valeur des candidats

Au regard du taux d’admission au bac 2011 considéré comme une débâcle pour certains et satisfaisant pour d’autres, tentons de passer au peigne fin les maux relatifs à la question de l’école afin de dégager les nuages qui se sont amoncelés ou qui pourraient s’amonceler à l’horizon.

Pour ce faire, adoptons une démarche qui consiste à identifier les causes de ce taux de réussite et proposer des solutions pour l’améliorer. Je comprends le spleen qui envahit en ce moment tout parent ayant consenti mille et un efforts au terme desquels il se retrouve à la case départ .Nombreux sont ceux aujourd’hui qui pointent un doigt accusateur sur la crise post-électorale, les enseignants, la correction unique, la tricherie et les effectifs pléthoriques dans les classes. Dans ce tourbillon, analysons ensemble les points suivants.

1- L’impact de la crise post- Electorale La crise survenue dans notre pays, qu’on le veuille ou non, a eu impact négatif sur les résultats des élèves a tous les niveaux. Nul n’a besoin d’être psychologue pour en savoir davantage. Les déplacements massifs des parents des zones à risque vers celles supposées être en sécurité ont perturbé énormément les élèves. Ceux qui ont déménagé à la cloche de bois sont partis, laissant derrière eux : maison, habits, cahiers… Ceux qui sont restés chez eux se sont terrés dans les campagnes pour échapper aux représailles des visiteurs. Devant une telle situation, quels résultats pouvait-on attendre de ces élèves ? Même revenus de leurs cachettes, ils n’étaient plus en possession de toutes leurs capacités pour affronter les examens. D’où les nombreuses absences constatées lors des examens. Mais attention, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. La crise a peut-être le dos large. Passons ensuite au 2e point de notre analyse.

2- Le rôle des enseignants Chez nous au village, quand un paresseux meurt de faim, on accuse les sorciers. Les ingénieurs de l’esprit qui étaient autrefois adulés parce que pouvant faire parler « un bout de bois de dieu» au terme de quelques mois de préapprentissage à l’école primaire, sont aujourd’hui au centre de tous les débats qui ne les honorent plus. Peut-être par leurs fautes ou bien veut-on leur faire porter un manteau qu’abhorre le vrai propriétaire ? Certes, les enseignants peuvent être pointés du doigt, au regard des résultats de fin d’année. Le non achèvement des progressions en fin d’année, la complaisance de certains d’entre eux dans les évaluations ou encore la non maîtrise des programmes (parce que n’ayant pas reçu une formation adéquate) sont autant de charges dont pourraient être accablés les enseignants. Cependant, force est de reconnaître que nonobstant les difficultés que rencontre l’enseignant dans l’exercice de ses fonctions, il met tout en œuvre pour le bonheur de l’apprenant. Donc le faible taux de réussite des élèves ne saurait être le mobile de cette déroute .tournons-nous enfin vers le 3e point de notre exposé.

3- La tricherie Aucun citoyen n’est censé ignorer depuis ces dernières années l’émergence de cet autre moyen «indigne» de réussite qu’est la tricherie et qui s’est vite imposé ou qu’on a imposé à la société. Depuis qu’on a fait croire que le diplôme est périssable, leur renouvellement est devenu un besoin vital. Ainsi, la boîte de Pandore venait d’être ouverte. C’est la foire à la tricherie. Des soi-disant candidats étaient disséminés dans tous les centres d’examen du pays. Leur objectif, utiliser tous les moyens pour obtenir ce «sésame ouvre-toi». Depuis lors, chacun y trouve son compte à telle enseigne qu’on en raffole régulièrement. A cette allure, il est normal que nos progénitures s’inscrivent dangereusement dans ce nouveau «code» de vie. Les résultats dans tous les domaines d’activité sont ‘’probants’’. En son temps Mamadou Koulibaly s’était insurgé contre cette pratique déshonorante. Mais personne n’a voulu entendre raison, tellement que la situation était alléchante Heureusement, comme le dirait l’autre : «Et vint Mme Kandia» pour mettre fin à cette honteuse pratique afin de soulager les honnêtes citoyens en restaurant la dignité humaine. Messieurs, mesdames, voilà la cause profonde de l’échec de nos enfants au Bac 2011. Certes, des causes suscitées existent bel et bien. Mais, arrêtons d’abord de tricher en donnant le goût du travail aux élèves. Beaucoup de candidats n’ont pu écrire ou encore ont fait du gribouillage sur leurs copies parce qu’ils attendaient simplement «le pétrole». Eliminons ainsi les maux qui minent notre école un à un et nous obtiendrons des résultats à la mesure de nos espérances.

Par HOSEHONHAN Bernard
Professeur de lettres modernes Lycée moderne d’Issia

Email : hosseben@gmail.com
Cel : 46 12 20 01

17 octobre 2011

http://www.fratmat.info

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