FRANCE – Son amour pour une Sénégalaise lui a coûté 12 000 €

Alain a rencontré à Dakar une femme de 30 ans sa cadette. Qui l'a finalement rejoint à Lorient. Avant de le quitter un an et demi plus tard, laissant un homme brisé et à sec financièrement.

Entretien
Alain (1), 54 ans, travaille dans le secteur de la Défense à Lorient.

Comment avez-vous rencontré Khady (1) ?

À la fin d'un séjour professionnel au Sénégal, en février 1992. J'étais sur la plage, elle m'a abordé avec une de ses amies, près de Dakar. Là-bas, ça se fait couramment. C'était une jeune femme avenante, mignonne. On a discuté, pris un verre dans un bar à proximité. J'ai continué à la voir comme ça, à la plage. Elle avait 18 ans et était très délurée. Il y a eu un moment de flirt, même un moment intime. Mon couple avait des problèmes à ce moment-là, je lui en ai d'ailleurs parlé.

Vous êtes ensuite retourné en France ?

En avril 1992. Je n'avais plus de contacts avec elle. J'ai divorcé en 1994, je m'occupais énormément de mes enfants. J'étais très perturbé moralement. Un jour, en 1996, en rangeant des papiers, je retrouve un numéro de téléphone sénégalais. Comme j'avais toujours des copains là-bas, je l'ai composé. En fait, c'était le numéro de sa copine. J'ai laissé mes coordonnées. Je n'avais pas forcément envie de la revoir mais de savoir ce qu'elle était devenue.

Et elle vous a rappelé ?

Oui. Plusieurs fois. Elle m'a envoyé des courriers. Puis elle m'a demandé de lui envoyer de l'argent pour avoir une boîte postale. Puis des vêtements. J'étais très perturbé à cette période. Je pense qu'elle a su en tirer partie. Elle m'a demandé de l'aider pour venir en France. J'ai fait un certificat d'hébergement et je lui ai envoyé 9 000 F pour les billets d'avions et les frais. Pour rien : j'ai appris plus tard que cet argent lui avait permis de louer un appartement avec une copine…

Mais elle arrive quand même en France ?

Oui, avec un jeune militaire qu'elle avait épousé au Sénégal, et leur fils. On a continué à correspondre. Elle m'a envoyé des photos assez suggestives. Ça m'a paru bizarre, ça ne me déplaisait pas non plus. Elle me parlait beaucoup de ses soucis avec son mari. En avril 2004, on se voit lors d'un week-end prolongé à Lorient. J'étais très content. Elle reviendra en juillet 2005.

À quel moment vous êtes-vous retrouvés à vivre ensemble ?

En 2010. Le 19 février, elle me rappelle, catastrophée : elle doit quitter Paris avec ses enfants parce que ça ne va plus avec son mari. Elle veut venir chez moi. Trop bon, trop con, j'accepte. Je lui envoie de l'argent pour prendre le train avec ses enfants. Elle s'installe dans mon appartement. Au bout d'une semaine, ses enfants sont retournés avec leur père.

La vie avec elle, c'était comment ?

Bien. J'avais l'impression de la soutenir. Elle vivait très bien la différence d'âge. Au Sénégal, c'est très courant. On sortait, on fréquentait même une boîte libertine, on faisait des photos de charme.

Une vie plaisante pour vous, à première vue. Pourquoi parler d'abus ?

Elle me demandait beaucoup de vêtements, de l'argent. Je payais tout. Pour le logement, elle ne déboursait rien. Pourtant, elle est allée demander une aide du conseil général pour payer une soi-disant caution d'HLM.

À combien ce chiffre ce que vous avez versé pour elle pendant son séjour à Lorient ?

12 249 €. J'ai tout listé : billets de train, vêtements, virements sur son compte…

N'avez-vous pas l'impression d'être passé pour un pigeon ?

Si. Et il y en aura d'autres. C'est pour cela que je veux alerter sur ce genre de pratique qu'on appelle « Mbaraan » au Sénégal. Une prostitution déguisée. Je ne veux pas que d'autres se fassent avoir.

Comment s'est finie cette histoire ?

Elle a eu un appartement SOS accueil dès le mois de mars 2011 pour voir ses enfants le week-end. Elle y est partie le 28 juillet pour préparer leur venue pour les vacances, le 1er août. Dans mon esprit c'était provisoire. Mais le 15 août, le premier jour de mes vacances, elle me téléphone et me dit qu'un de ses ex vient sur Lorient et dort chez elle… J'ai eu comme un frisson qui m'a parcouru le dos. Alors qu'elle ne voulait pas que je reste, moi, le soir dans son appartement. J'ai dit : là, c'est terminé.

Comment vous sortez-vous de cette histoire ?

Brisé. Le côté escroquerie est évident pour moi. Mais le pire, c'est l'arnaque aux sentiments.

Quelles répercussions dans votre vie ?

J'ai ignoré des amis. Heureusement, ils reviennent. J'ai voulu reprendre mon travail mais ça n'allait pas… (Il sanglote). J'ai été voir un médecin. Il m'a donné une semaine. Je prends toujours un relaxant pour dormir. Petit à petit, ça revient. Mais j'ai toujours cette amertume. Pas un désir de vengeance. Mais l'amertume de m'être fait mener en bateau.

Ce préjudice peut-il être reconnu ?

Quand elle est revenue chercher ses affaires, j'ai refusé de la laisser entrer. Elle m'a mordu. Je suis allé déposer plainte au commissariat, ça a été simplement une main courante. J'ai expliqué qu'elle avait profité de moi. La policière m'a dit : « Ce que vous avez fait, vous l'avez fait de bon coeur, et vous ne pouvez rien contre ça. »

Recueilli parLaurent NEVEU

http://www.ouest-france.fr

25/11/2011

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