COTE D’IVOIRE – Emplois jeunes : Le Gouvernement est toujours dans les promesses

Au terme du Conseil des ministres du jeudi 07 juin dernier, le gouvernement a décidé de créer 250 000 emplois par an.

« Tout le monde est conscient que le problème de l’emploi est l’un des principaux problèmes auxquels notre pays est aujourd’hui confronté. Il y a plusieurs millions de chômeurs en Côte d’Ivoire. Le chômage s’est fortement accru. On parle de 12 points entre 2002 et 2010 », a dit le ministre Bruno Koné, porte-parole du gouvernement au cours du traditionnel point de presse du Conseil de gouvernement. Selon le ministre de la Poste et des technologies de l’information et de la communication, le gouvernement ivoirien veut appliquer une thérapie de choc au problème du chômage. Dans cette optique, il a annoncé que le Conseil a pris des mesures fortes pour endiguer ce mal. « Le chef de l’Etat et le gouvernement ont décidé de la création de 250.000 emplois ». Dans les prochains jours, a affirmé le porte-parole du gouvernement, le ministre d’Etat, ministre de l’Emploi, des Affaires sociales et de la Solidarité, Gilbert Kafana Koné, présentera la stratégie du gouvernement en matière de création d’emplois. C’est ce qui ressort du communiqué du Conseil des ministres. C’est une bonne nouvelle. Pourrait-on dire, dans la mesure où depuis plusieurs décennies la Côte d’Ivoire est confrontée à la problématique d’une croissance négative, d’un chômage en augmentation, qui contribue à entretenir la pauvreté. Cependant bon nombre de personnes restent sceptiques quand à l’opérationnalité de cette mesure à moyen terme. Et surtout l’atteinte des résultats.

L’impatience gagne les populations

Pendant la campagne présidentielle, le Président Alassane Ouattara avait pris des engagements vis-à-vis des populations ivoiriennes. Au nombre de ces engagements, celui d’offrir des emplois aux jeunes figurait en bonne place. Sans oublier, l’amélioration des conditions sociales des populations. Mais un an après, des solutions idoines sont encore loin d’être trouvées. D’autant plus que l’on a assisté à des licenciements massifs au sein des entreprises publiques comme privées. Il est vrai que le flottement connu par la Côte d’ Ivoire avec la crise postélectorale n’a pas permis un démarrage de tous les projets du gouvernement. Cependant, l’on peut affirmer que l’équipe dirigeante est en panne sèche de solutions. De ce point de vue, l’impatience gagne les populations. Et partant, la conjoncture des circonstances et des facteurs déclencheurs plaident pour une explosion sociale. C’est donc un euphémisme d’affirmer que la période de ‘’grâce ‘’ accordée au chef de l’Etat est terminée. Autant dire que le magma social qui sommeille depuis un an pourrait entrer vite en éruption.

La création d’emplois-jeunes, encore une promesse ?

Selon le ministre de l’Economie et des Finances, Charles Diby Koffi, l’économie ivoirienne est de retour sur une bonne tendance. Mais le gouvernement veut une croissance économique inclusive à base élargie fondée sur une contribution de tous les secteurs de l’économie, afin de garantir un impact sur la population. Pour le ministre Charles Diby Koffi, le point d’achèvement Ppte constitue le départ d’une nouvelle ère de croissance et de prospérité. C’est pourquoi, les autorités conditionnent tout à l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative Ppte (pays pauvres très endettés). « L’allègement de la dette que nous attendons le 26 juin 2012, doit permettre de ramener son poids sur les finances publiques » à des populations supportables, a indiqué dans une interview à un confrère, le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances. Ce qui sous-entend que sans le Ppte, il n’est pas possible d’envisager un programme de développement viable. Et le ministre Charles Koffi Diby en donne les raisons. A en croire l’argentier du gouvernement, depuis près de trente ans, la Côte d’Ivoire connaît des difficultés financières, notamment du fait du poids insoutenable de sa dette extérieure. Ainsi, l’Etat consacre environ un tiers du budget aux salaires, un tiers au service de la dette et le dernier tiers aux investissements et au fonctionnement. C’est ce qui explique selon le ministre Charles Diby Koffi, la chute de la qualité de vie et la pauvreté qui s’est étendue. « Le revenu par tête, en 2011, de la Côte d’Ivoire est inférieur à son niveau de 1960 », a révélé le ministre. Il est donc évident que le programme emplois-jeunes ne peut véritablement voir le jour, si le point d’achèvement Ppte n’est pas atteint en juin prochain. De ce fait, bon nombre d’Ivoiriens demeurent sceptiques sur la réalisation effective de tous les projets annoncés, dans la mesure où le Programme Ppte n’est pas encore mis en œuvre. Loin s’en faut.

Jean-Louis Kobrissa

Boigny Express

9/6/12

One Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *