ALGERIE – PRÈS DE 21% DES JEUNES SONT AU CHÔMAGE

Trouver un emploi après avoir terminé ses études représente un véritable chemin de croix pour les jeunes Algériens.

La fin de l’année scolaire et universitaire est synonyme de chasse aux diplômes (BEM, licence…). Pour le baccalauréat, il symbolise la fin d’un cycle qui a conduit du primaire au lycée. Les épreuves du diplôme le plus populaire arrivent à leur terme. Commencera alors l’attente interminable des résultats pour les postulants au fameux sésame. Ceux qui apprendront la bonne nouvelle pourront pousser un ouf de soulagement, faire la fête. Laisser éclater leur joie. Quant aux autres, ils devront gérer leur déception.
A moyen terme, cette frange de la population (diplômée ou pas) doit faire cependant face au même problème: la recherche d’un emploi. Un vrai casse-tête. L’obtention du Bac si elle permet d’ouvrir les portes de l’université et des grandes écoles, ne garantit cependant en rien un poste de travail une fois les études supérieures menées à terme. Désillusion.

Trouver un emploi après avoir terminé ses études représente un véritable chemin de croix pour les jeunes Algériens. Le phénomène n’est cependant pas spécifique à notre pays. Les obstacles sont multiples. Ils revêtent un caractère universel si l’on se fie à une étude réalisée par l’Afij, une association française pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes.

«L’emploi des jeunes est très compliqué, surtout en période de crise. Les entreprises qui embauchent donnent la priorité à des gens expérimentés, pensant que c’est un gage de réussite immédiate. Prendre un jeune diplômé est un parti sur l’avenir, car il faut le former», indique son directeur délégué, Christian Darantière, dans une récente interview publiée le 30 mai 2012 sur le site du quotidien français Libération.

«D’autre part, une entreprise qui voudrait engager un jeune le fait par le biais du réseau relationnel, car elle est submergée par la demande si elle passe par une petite annonce.

Or, ce réseau n’est pas celui des jeunes diplômés, il y a donc un problème de rencontre entre l’offre et la demande», a-t-il ajouté. Un chemin chaotique pour faire ses premiers pas dans le monde du travail. Les mêmes tracas pour la jeunesse du monde.Une bombe à retardement, pour notre pays, si l’on se réfère au constat et aux chiffres communiqués par le président du Forum des chefs d’entreprise, le FCE.

«Le chômage constitue aujourd’hui l’urgence absolue. C’est un sujet explosif qui accapare une bonne partie de l’énergie de notre gouvernement qui craint une explosion sociale liée au chômage et à la précarité. Notre démographie, qui vient de rebondir, livre sur le marché du travail, chaque année, quelque 300.000 jeunes que la capacité de création d’emplois de notre économie (150 .000) ne peut pas satisfaire» a fait constater Réda Hamiani dans un entretien publié par le magazine Jeune Afrique, le 14 novembre 2011.

Un état des lieux confirmé par un rapport de l’ONS qui fait la démonstration d’un taux de chômage qui touche de plein fouet les universitaires et plus généralement les diplômés.

Le «chômage touche davantage les universitaires et plus particulièrement les diplômés: alors que le taux de chômage parmi la population n’ayant aucun diplôme est estimé à 7,3%, celui des diplômés de l’enseignement supérieur atteint 21,4% (11,1% chez les hommes et 33,6% chez les femmes)» peut-on lire dans le document rendu public par l’Office national des statistiques. 75% des jeunes diplômés algériens de moins de 30 ans sont au chômage, signale de son côté, la Banque mondiale. 50.000 jeunes diplômés sur les 120.000 qui quittent chaque année les bancs des universités sont confrontés à des difficultés pour trouver un emploi, précise l’institution de Bretton Woods dans son rapport de l’année 2010.

Si l’on prend au sérieux le compte-rendu de Denis Bauchard, conseiller auprès de l’Institut français des relations internationales, qui s’est rendu en Algérie, peu avant les élections législatives du 10 mai 2012, la situation se serait davantage compliquée.
«Paradoxalement, ce pays riche connaît un taux de chômage réel considérable, évalué, s’agissant des jeunes, à près de 50%. Or en Algérie, les jeunes de moins de 30 ans représentent près de 65% de la population», a écrit l’ancien haut diplomate au Quai d’Orsay. Il y a de quoi s’alarmer et de se poser la question: le Bac et après?

http://www.lexpressiondz.com

7/6/12

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