ETUDES AUX CANADA – Comment les universités canadiennes se renflouent avec les étudiants étrangers

CANADA – Alors qu’il continue à sabrer les budgets des universités, le gouvernement Couillard songe à leur permettre d’augmenter à leur guise les droits de scolarité des étudiants étrangers, a appris Le Journal.

Québec se priverait ainsi de 140 millions $ par année, selon les chiffres fournis par le ministère de l’Enseignement supérieur.

Les universités sont, depuis 2008, libres de fixer les droits de scolarité des étudiants étrangers dans six champs d’études: droit, génie, informatique, mathématiques et sciences pures, et elles peuvent garder l’argent. Le gouvernement continue à encaisser les droits de scolarité dans les 17 autres champs d’études.

L’Université McGill a profité de cette liberté pour faire passer du simple au double les droits de scolarité exigés à ses étudiants étrangers dans ces six champs d’études. La facture par étudiant est passée de 16 200 $ à 37 365 $ pour un baccalauréat en commerce. Les augmentations en sciences pures, en génie et en droit sont du même ordre. McGill accueille environ 8000 étudiants étrangers par année.

Québec a ainsi retourné 135 millions $ dans les coffres des universités depuis six ans. Un rapport remis au ministre de l’Éducation Yves Bolduc recommande de laisser les universités fixer les prix les 17 autres champs d’études pour les étudiants étrangers.

Marché anglophone

Parce qu’elles sont des universités anglophones et qu’elles accueillent 40% des étudiants étrangers, McGill, Concordia et, dans une moindre mesure, l’Université Bishop seraient favorisées par la déréglementation globale. L’intention encore non avouée du gouvernement fait sourciller dans le réseau universitaire francophone.

«Le marché des étudiants anglophones est beaucoup plus dynamique. Le risque sera assumé par les universités francophones et la déréglementation risque d’affecter particulièrement les régions», craint la présidente du réseau de l’Université du Québec, Sylvie Beauchamp.

Le système universitaire québécois est conçu pour que les frais de scolarité facturés aux étudiants du 1er cycle contribuent au financement de l’enseignement offert aux 2e et 3e cycles. «Le gouvernement perdra l’argent qu’il allait chercher au premier cycle et il devra continuer à financer les 2e et 3e cycles, qui coûtent beaucoup plus cher», s’inquiète Mme Beauchamp.

La clientèle des étudiants étrangers a bondi de 46% depuis 2008, pour atteindre 32 800 étudiants en 2013.

Source: http://www.journaldequebec.com/

 

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