CAMEROUN – Comment les enfants sont menacés par la téléphonie mobile

Une enquête sur l’exposition des mineurs aux portables multimédias vient d’être publiée à Douala.

Comment expliquer que près de 25 mineurs sur 100 en moyenne se revendiquent joueurs de jeux de hasard payants organisés par les sociétés de téléphonie mobile ? Que penser de la réalité suivant laquelle près de 40 garçons sur 100 et que de 20 filles mineures sur 100, visualisent sans barrière aucune des contenus obscènes via Internet sur le téléphone portable ? La question, elle est posée dans le rapport d’enquête sur l’exposition et l’exploitation des enfants usagers de la téléphonie mobile au Cameroun que vient de publier l’Apda, Association for Peace & Development in Africa. Le document, d’une trentaine de pages, est le résultat d’une enquête menée de juillet 2014 à février 2015 auprès de 1600 élèves âgés de 10 à 21 ans, inscrits dans six établissements scolaires de Douala.

Sur l’échantillon ciblé, l’étude ressort que 87,1% des mineurs approchés disposent d’un téléphone portable multimédia. Un résultat qualifié de « relation amoureuse qui lie désormais l’enfance camerounaise aux TIC » par Landry Ndenmeko Bankoue, le Coordonnateur de l’Apda. Et le rapport relève notamment : « Autrefois, être exposé ou visualiser des contenus pornographiques par des enfants ou des mineurs n’était possible qu’à travers la télévision, le cinéma ou les ordinateurs de bureau (…) Aujourd’hui, les téléphones et tablettes numériques mobiles leur permettent à travers une simple connexion à Internet de visualiser les films et images partout, qu’ils soient dans un champ, à l’école, aux toilettes, à l’église, dans la chambre, etc. »

Autres dangers que pose Internet à travers le portable, cités par l’enquête : le direct accès des pédophiles, exploitants sexuels, escrocs, trafiquants et terroristes aux mineurs « dont l’innocence et l’immaturité psychologique constituent des engrais propices à la prospérité de leurs activités illicites, dangereuses et très souvent mortelles. » L’association interpelle donc les pouvoirs publics et sollicite un cadre réglementaire et juridique plus strict qui engagerait encore plus la responsabilité des opérateurs de télécommunications dans la protection de l’enfance.

Rita DIBA

Cameroon Tribune 02/03/2015

 

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